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	<title>Observatoire de la justice fiscale</title>
	<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/</link>
	<description>L'Observatoire offre des cl&#233;s de compr&#233;hension sur le r&#244;le de l'imp&#244;t, des finances publiques et d'une v&#233;ritable justice fiscale : notes, interviews, explications &#224; vocation p&#233;dagogique.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Observatoire de la justice fiscale</title>
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		<title>L'&#233;vitement fiscal nuit &#224; la bifurcation &#233;cologique et sociale</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/article/l-evitement-fiscal-nuit-a-la-bifurcation-ecologique-et-sociale</link>
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		<dc:date>2024-01-17T07:25:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les liens entre l'&#233;vasion (ou la fraude fiscale) et la transition &#233;cologique ne sont, a priori, pas &#233;vidents. Ils sont pourtant r&#233;els. &lt;br class='autobr' /&gt; Le premier lien, ce sont bien s&#251;r les sommes perdues pour les finances publiques et qui permettraient de faire face au besoin de financement de la transition &#233;cologique. Le rapport du Giec d'avril 2022 confirme que la question du financement est d&#233;terminante. Pour l'heure, les sommes engag&#233;es sont insuffisantes pour atteindre les objectifs fix&#233;s. Le Giec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/capture_d_ecran_2024-01-16_161251.jpg?1705474552' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les liens entre l'&#233;vasion (ou la fraude fiscale) et la transition &#233;cologique ne sont, a priori, pas &#233;vidents. Ils sont pourtant r&#233;els.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier lien, ce sont bien s&#251;r les sommes perdues pour les finances publiques et qui permettraient de faire face au besoin de financement de la transition &#233;cologique. Le &lt;a href=&#034;https://www.alternatives-economiques.fr/un-dernier-avertissement-giec-route-4-autres-infographies-a-ne-pa/00106326&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport du Giec &lt;/a&gt;d'avril 2022 confirme que la question du financement est d&#233;terminante. Pour l'heure, les sommes engag&#233;es sont insuffisantes pour atteindre les objectifs fix&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Giec estime que, pour limiter le r&#233;chauffement &#224; moins de 2&#176;C, les investissements annuels doivent &#234;tre, entre 2020 et 2030, trois &#224; six fois sup&#233;rieurs &#224; ce qu'ils sont actuellement. Or les experts estiment qu'&#171; &lt;i&gt; il y a suffisamment de capitaux et de liquidit&#233;s mondiales pour combler ces d&#233;ficits d'investissement.&lt;/i&gt; &#187; C'est d'autant plus vrai si l'on s'attaque aux paradis fiscaux et &#224; l'&#233;vasion fiscale internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la France, les estimations des besoins annuels de financement suppl&#233;mentaire vont de 14 milliards d'euros (Institut pour le climat) &#224; 66 milliards (&lt;a href=&#034;https://www.alternatives-economiques.fr/climat-riches-devoir-passer-a-caisse/00107132&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport Pisani-Mahfouz&lt;/a&gt; pour France strat&#233;gie) voire 100 milliards (Ademe). Certes, ces estimations ne concernent pas les seules finances publiques, mais tous les travaux s'accordent pour dire que les politiques publiques doivent jouer un r&#244;le majeur face &#224; la recherche du profit &#224; court terme des acteurs priv&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, la fraude fiscale emp&#234;che le financement de la transition &#233;cologique. Pour rappel, elle est estim&#233;e entre 80 et 100 milliards d'euros en France. Au niveau de l'Union europ&#233;enne &#224; 28, Richard Murphy, de l'Universit&#233; de Londres, estimait la fraude aux recettes publiques, imp&#244;ts et recettes sociales comprises entre 800 &#224; 1 000 milliards d'euros.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de ce lien &#233;vident, d'autres doivent &#234;tre soulign&#233;s.&lt;a href=&#034;https://www.nature.com/articles/s41559-018-0497-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Une &#233;tude de l'acad&#233;mie de Su&#232;de &lt;/a&gt;publi&#233;e le 13 ao&#251;t 2018 dans la revue Nature Ecology &amp; Evolution montre ainsi le r&#244;le des paradis fiscaux dans la d&#233;gradation de l'environnement et en particulier dans la d&#233;forestation de l'Amazonie et la p&#234;che illicite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;Refuges pour activit&#233;s climaticides&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude pr&#233;cise ainsi qu'&#171; &lt;i&gt; entre octobre 2000 et ao&#251;t 2011, 68 % de tous les capitaux &#233;trangers ayant fait l'objet d'une enqu&#234;te sur neuf soci&#233;t&#233;s sp&#233;cialis&#233;es dans les secteurs du soja et du b&#339;uf en Amazonie br&#233;silienne&lt;/i&gt; [NDLR : soit 18,4 milliards de dollars] &lt;i&gt;ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;s par l'interm&#233;diaire d'un ou de plusieurs paradis fiscaux connus. Cela repr&#233;sente jusqu'&#224; 90 voire 100 % des capitaux &#233;trangers pour certaines entreprises faisant l'objet d'une enqu&#234;te &#187;&lt;/i&gt;. Les territoires concern&#233;s sont principalement les &#238;les Ca&#239;mans (Royaume-Uni), les Bahamas et les Antilles n&#233;erlandaises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;Refuges pour activit&#233;s climaticides&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, sur la base de donn&#233;es de l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol) et des registres d'organismes r&#233;gionaux, l'&#233;tude a &#233;tabli que sur 209 navires impliqu&#233;s dans des activit&#233;s de p&#234;che illicite, non d&#233;clar&#233;e et non r&#233;glement&#233;e, 70 % &#233;taient enregistr&#233;s, ou l'avaient &#233;t&#233;, dans un pays r&#233;pertori&#233; comme un paradis fiscal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle fait ainsi &#233;cho aux r&#233;v&#233;lations des &lt;i&gt;Panama Papers&lt;/i&gt; qui, en avril 2016, avaient &#233;tabli que 80 % de la flotte du Panama (6 413 navires de marine marchande, soit la plus grosse flotte du monde) &#233;tait alors compos&#233;e de bateaux &#233;trangers (p&#233;troliers, cargos, porte-conteneurs&#8230;). Une strat&#233;gie permettant notamment d'&#233;viter l'imp&#244;t et les lois sociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude confirme des travaux ant&#233;rieurs. Les &lt;i&gt;Paradise Papers&lt;/i&gt; avaient par exemple d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;l&#233; que plusieurs entreprises du secteur des &#233;nergies fossiles (TotalEnergies, Engie, Glencore) utilisaient des soci&#233;t&#233;s offshore et des montages financiers transitant par les paradis fiscaux pour investir dans des projets charbonniers, gaziers ou p&#233;troliers. L'&#233;tude lance donc &#171; &lt;i&gt; un appel &#224; une prise de conscience politique de la n&#233;cessit&#233; d'ajouter la dimension environnementale aux d&#233;bats sur les paradis fiscaux. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;Base arri&#232;re pour les riches pollueurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &lt;a href=&#034;https://www.bloomberg.com/graphics/2022-wealth-carbon-emissions-inequality-powers-world-climate/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une r&#233;cente &#233;tude&lt;/a&gt;, publi&#233;e par Bloomberg green en 2022, montre que les 1 % les plus riches du monde &#233;mettent 70 fois plus de carbone que la moiti&#233; la plus pauvre de la population mondiale. La pollution des plus riches augmente continuellement du fait de leur mode de vie (avion, yacht, SUV&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, c'est au sein de ces populations que l'&#233;vitement de l'imp&#244;t est le plus r&#233;pandu, en partie par l'utilisation de paradis fiscaux, comme &lt;a href=&#034;https://www.alternatives-economiques.fr/tres-riches-ne-paient-2-dimpot-revenu/00106645&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les travaux de Gabriel Zucman&lt;/a&gt; l'ont montr&#233; &#224; plusieurs reprises (8 % de la fortune mondiale serait ainsi d&#233;tenue dans les paradis fiscaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, outre la perte de recettes publiques qu'elle induit, cette fraude fiscale procure aux plus riches un surplus de revenus qui peut &#234;tre utilis&#233; pour effectuer plus de d&#233;placements ou &#234;tre investi dans des activit&#233;s &#233;mettrices de CO2 (dans les &#233;nergies fossiles par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par bien des fa&#231;ons, donc, l'&#233;vitement fiscal repr&#233;sente un obstacle &#224; la bifurcation &#233;cologique et sociale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tribune parue sur le site d'Alternatives &#233;conomiques le 5 janvier 2024)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Super-profits et projet de loi de finances 2023 : d&#233;cryptage des enjeux</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/superprofits-et-projet-de-loi-de-finances-2023-decryptage-des-enjeux</link>
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		<dc:date>2022-09-01T13:12:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la taxation de ce qui est d&#233;sormais nomm&#233; les &#171; super-profits &#187; fait rage. Alors que les enqu&#234;tes d'opinion montrent qu'une large majorit&#233; de Fran&#231;ais y sont favorables, le gouvernement et la majorit&#233; pr&#233;sidentielle inscrivent leurs pas dans ceux du Medef : tous continuent de s'y opposer. Un petit passage en revue de leurs arguments et des r&#233;ponses &#224; leur apporter est donc n&#233;cessaire&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; -* &#171; Je ne sais pas ce que c'est qu'un super-profit &#187;, a d&#233;clar&#233; le 30 ao&#251;t le ministre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton98.jpg?1688491207' class='spip_logo spip_logo_right' width='120' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la taxation de ce qui est d&#233;sormais nomm&#233; les &#171; super-profits &#187; fait rage. Alors que les enqu&#234;tes d'opinion montrent qu'une large majorit&#233; de Fran&#231;ais y sont favorables, le gouvernement et la majorit&#233; pr&#233;sidentielle inscrivent leurs pas dans ceux du Medef : tous continuent de s'y opposer. Un petit passage en revue de leurs arguments et des r&#233;ponses &#224; leur apporter est donc n&#233;cessaire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas ce que c'est qu'un super-profit&lt;/i&gt; &#187;, a d&#233;clar&#233; le 30 ao&#251;t le ministre de l'&#201;conomie Bruno Le Maire devant le Medef&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;On ne fera pas l'insulte de rappeler &#224; Bruno Le Maire que la d&#233;finition du superprofit (ais&#233;ment accessible sur les dictionnaires en ligne) est : &#171; &lt;i&gt;Profit consid&#233;rable, au-dessus des profits habituels&lt;/i&gt; &#187; (Larousse). Cette d&#233;finition permet donc de d&#233;finir et d'&#233;valuer les superprofits, ce que les comptes de r&#233;sultats des entreprises ne d&#233;terminent effectivement pas sur un strict plan comptable. On peut &#233;galement parler de &#171; &lt;i&gt;profits exc&#233;dentaires&lt;/i&gt; &#187; comme la commissaire europ&#233;enne &#224; l'&#233;nergie elle-m&#234;me, Kadri Simson, l'a &#233;voqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;valuer ces superprofits, on peut ais&#233;ment &#233;tablir la moyenne des profits des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes (en excluant l'ann&#233;e 2020, ann&#233;e exceptionnelle de crise) et mettre en rapport cette moyenne avec les profits d&#233;gag&#233;s au titre de l'ann&#233;e 2021. La diff&#233;rence d&#233;termine alors le contour du &#171; superprofit &#187; potentiellement imposable. Il reste bien entendu &#224; d&#233;terminer si cette taxe doit concerner l'ensemble des superprofits ou, comme l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) le sugg&#232;re, seulement le secteur &#233;nerg&#233;tique. Quoi qu'il en soit, du Larousse jusqu'&#224; Attac en passant par l'OCDE et la Commission europ&#233;enne, tout le monde -ou presque- aura compris de quoi l'on parle en invoquant les superprofits&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;Taxer en France, c'est produire moins en France&lt;/i&gt; &#187; a en encore d&#233;clar&#233; Bruno Le Maire devant le Medef&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Vieux dogme n&#233;olib&#233;ral d&#233;pass&#233; et contredit par les faits, ce type de formule m&#233;rite cependant une r&#233;ponse. En r&#233;alit&#233;, taxer moins, c'est distribuer plus de dividendes et non pas investir. Les entreprises du CAC 40 n'ont consacr&#233; que 27,5 % de leurs profits &#224; l'investissement. Taxer plus les superprofits ne nuit donc pas &#224; l'investissement et peut au contraire le favoriser, puisque l'investissement donne notamment lieu &#224; des amortissements, d&#233;ductibles du r&#233;sultat fiscal imposable &#224; l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut pousser l'approche de Bruno Le Maire ainsi : faut-il supprimer tous les imp&#244;ts sur les entreprises ? Il faudrait alors :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit augmenter les imp&#244;ts sur les m&#233;nages mais, pour le gouvernement, en maintenant les mesures prises en faveur des plus ais&#233;s (transformation de l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune en imp&#244;t sur la fortune immobili&#232;re, pr&#233;l&#232;vement forfaitaire unique) : ceci reviendrait &#224; accro&#238;tre l'injustice fiscale en faisant reposer la charge fiscale sur les pauvres et les classes moyennes, &#224; accro&#238;tre fortement les in&#233;galit&#233;s en plombant le revenu de l'immense majorit&#233; de la population,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; soit privatiser des services publics puisque les moyens budg&#233;taires manqueraient : ceci se traduirait par une hausse des co&#251;ts priv&#233;s pay&#233;s par les m&#233;nages pour acc&#233;der aux services privatis&#233;s, au d&#233;triment l&#224; aussi des pauvres et des classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;olib&#233;raux arguent qu'au bout du compte, l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s est r&#233;percut&#233; sur la population (c'est le principe de &#171; l'incidence fiscale &#187;) dans les prix. Cela n'est pas faux. Mais l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s permet de limiter la distribution de dividendes au profit des plus riches sans pour autant nuire &#224; l'investissement. Le baisser ou baisser d'autres imp&#244;ts sur les entreprises acc&#233;l&#233;rerait la distribution de dividendes et nourrirait la sp&#233;culation notamment. Au bout du compte, le co&#251;t &#233;conomique et social de la distribution de dividendes est plus &#233;lev&#233; et injuste que le &#171; co&#251;t &#187; d'un imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s (IS) qui finance une action publique &#224; laquelle toute la population peut avoir acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La courbe de Laffer : le retour du bon vieux dogme&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le aux partisans de la &#171; courbe de Laffer &#187; (selon laquelle baisser les imp&#244;ts incite &#224; plus travailler et permet de d&#233;gager des recettes fiscales plus importantes), Bruno Le Maire a &#233;galement affirm&#233; que &#171; &lt;i&gt;Ce que je vois, c'est que, quand vous baissez le taux d'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, les recettes augmentent, preuve de l'efficacit&#233; de notre politique fiscale&lt;/i&gt; &#187;. Le ministre &#233;voque ici le &#171; surplus &#187; de recettes de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s (IS), &#233;valu&#233; &#224; 27 milliards d'euros. Ce surplus ne doit cependant rien &#224; la baisse de l'IS qui aurait favoris&#233; la cr&#233;ation de richesses comme le sugg&#232;rent les n&#233;olib&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Le Maire feint d'ignorer la r&#233;alit&#233;. Celle-ci ressort du rapport intitul&#233; &#171; Le budget de l'&#201;tat en 2021 &#187; de juin 2022 publi&#233; par la Cour des comptes. Celui-ci montre que ce surplus de recettes se d&#233;compose de la mani&#232;re suivante. &#171; &lt;i&gt;Plus de la moiti&#233; de l'&#233;cart provient d'un dernier acompte d'IS tr&#232;s &#233;lev&#233; (10,1 Md&#8364;) par rapport &#224; la s&#233;rie historique, qu'il &#233;tait difficile d'anticiper et qui n'a &#233;t&#233; connu qu'en toute fin d'ann&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. La Cour note par ailleurs un d&#233;faut d'anticipation des recettes de l'IS, qui a conduit le gouvernement &#224; minorer ses pr&#233;visions dans les lois des finances initiale et rectificative pour 2021. Globalement, le rebond &#233;conomique en 2021 a ainsi jou&#233; &#224; plein. Rien de cela ne provient de la baisse du taux de l'IS. Il y a mieux. La Cour note que les recettes de l'IS auraient pu &#234;tre sup&#233;rieures de 3,7 milliards d'euros &#224; ce qui a &#233;t&#233; finalement encaiss&#233; si la baisse du taux de l'IS ne s'&#233;tait pas poursuivie. Ce faisant, elle d&#233;ment les propos de Bruno Le Maire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci persiste et signe dans le quotidien &#171; Les &#201;chos &#187; dat&#233; du 1er septembre en d&#233;plorant le haut niveau des pr&#233;l&#232;vements obligatoires en France. Mais l&#224; encore, le dogme ne r&#233;siste pas &#224; la r&#233;alit&#233; comme Attac ne cesse de le rappeler (voir notamment le livre &#171; Imp&#244;ts : id&#233;es fausses et vraies injustices &#187;). Le niveau des pr&#233;l&#232;vements obligatoires n'enseigne rien, si ce n'est le degr&#233; de prise en charge par la collectivit&#233; (c'est-&#224;-dire par les imp&#244;ts et les ressources sociales) de besoins tels que l'&#233;ducation, la sant&#233;, les retraites, etc. Dans les pays o&#249; le taux de pr&#233;l&#232;vements obligatoires est plus bas, les m&#233;nages doivent prendre en charge, sur les ressources propres, davantage de besoins qu'en France. Mieux vaut alors &#234;tre riche pour &#234;tre bien couvert, avoir acc&#232;s au syst&#232;me &#233;ducatif, etc. Mais au final, la part du PIB consacr&#233;e &#224; financer ces besoins par des recettes publiques et priv&#233;es est comparable.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Taxer les superprofits aujourd'hui et mieux taxer les profits &#224; l'avenir : une id&#233;e qui fait son chemin&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La taxation des superprofits fait d&#233;bat et c'est une bonne chose. Parmi ses partisans, certains souhaitent l'appliquer aux fournisseurs d'&#233;nergie, d'autres &#224; tous les superprofits, certains la souhaitent temporaire et d'autres &#233;voquent un dispositif p&#233;renne ou une r&#233;forme fiscale plus globale. Ce d&#233;bat permet &#233;galement de lier les questions de r&#233;forme de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, afin de tenir compte de la num&#233;risation de l'&#233;conomie et de neutraliser l'&#233;vasion fiscale. Mais ce gouvernement dont on rappellera qu'il se serait content&#233; d'un taux mondial minimum sur les multinationales de 12,5 % et qu'il a &#233;chou&#233; durant la pr&#233;sidence fran&#231;aise de l'Union europ&#233;enne &#224; appliquer le tr&#232;s insuffisant accord de l'OCDE comportant un taux de 15 %, refuse obstin&#233;ment de taxer les superprofits, dogmes, et contrev&#233;rit&#233;s &#224; l'appui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Attac, ce d&#233;bat montre au contraire qu'il faut changer d'approche. L'IS est finalement peu &#233;lev&#233; en France : rappelons qu'en 2019, soit avant la baisse du taux de l'IS &#224; 25 %, selon l'OCDE, l'IS fran&#231;ais repr&#233;sentait 2,2 % du PIB en France contre 3 % dans l'ensemble des pays de l'OCDE. Par ailleurs, les grandes entreprises ont un taux effectif d'IS largement inf&#233;rieur &#224; celui des PME. L'enjeu consiste donc, dans le cadre d'une r&#233;forme fiscale de fond, &#224; faire davantage contribuer les grandes entreprises, ce que le d&#233;bat sur la taxation des superprofits montre &#233;galement. Bruno Le Maire et le Medef, qui demande que les r&#232;gles fiscales ne changent plus puisqu'elles lui sont largement favorables, l'ont bien compris et m&#232;nent de concert la bataille contre toute meilleure r&#233;partition de la charge fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Toujours moins d'imp&#244;t pour les entreprises, surtout les plus grandes&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&#192; court terme, il importe pas exemple de ne pas supprimer la cotisation sur la valeur ajout&#233;e des entreprises (CVAE) comme le veut le gouvernement. Une telle mesure devrait co&#251;ter 8 milliards d'euros, qui seraient pourtant utiles au financement des politiques publiques&#8230; Contrairement &#224; ce que claironnent les n&#233;olib&#233;raux, la CVAE tient compte de la capacit&#233; contributive des entreprises. Elle comporte ainsi un bar&#232;me progressif d&#233;termin&#233; en fonction du chiffre d'affaires (soit notamment des ventes), elle est assise sur la valeur ajout&#233;e, autrement dit sur l'un des principaux soldes interm&#233;diaires de gestion de l'entreprise. La CVAE tient donc compte de l'activit&#233; des entreprises, autrement dit de leur &#171; richesse cr&#233;&#233;e &#187;. Elle exon&#232;re par ailleurs les petites entreprises, qui ne b&#233;n&#233;ficieront donc pas de sa suppression, contrairement aux plus grandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression de la CVAE (apr&#232;s une premi&#232;re baisse d&#233;j&#224; intervenue cette ann&#233;e), met &#233;galement les finances locales sous pression, puisqu'elle &#233;tait affect&#233;e aux collectivit&#233;s locales. Celles-ci voient l'&#201;tat mettre de plus en plus la main sur leurs finances, avec des effets pervers &#233;vidents : pression de l'&#201;tat pour baisser les d&#233;penses publiques locales, d&#233;gradation des services publics locaux, etc. Le projet de loi de finances 2023 se profile mais d'ores et d&#233;j&#224;, un constat s'impose : l'injustice fiscale et sociale est manifestement toujours en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quipe de l'observatoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Superprofits : Le Medef fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me...</title>
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		<dc:date>2022-08-29T19:04:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sans surprise, le patron du Medef Geoffroy Roux de B&#233;zieux s'est d&#233;clar&#233; oppos&#233; &#224; une taxation des superprofits, allant m&#234;me jusqu'&#224; d&#233;clarer : &#171; Qui est le plus grand super profiteur, si j'ose, qui fait les plus grands superprofits ? C'est l'&#201;tat &#187;. Cette d&#233;claration a pour le moins de quoi faire bondir, et ce d'autant plus qu'elle s'accompagne d'une autre perle : &#171; On n'a pas attendu la Premi&#232;re ministre pour rentrer dans la sobri&#233;t&#233; &#187;. Apr&#232;s les r&#233;v&#233;lations sur les montants faramineux des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton97.jpg?1688491209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sans surprise, le patron du Medef Geoffroy Roux de B&#233;zieux s'est d&#233;clar&#233; oppos&#233; &#224; une taxation des superprofits, allant m&#234;me jusqu'&#224; d&#233;clarer : &#171; Qui est le plus grand super profiteur, si j'ose, qui fait les plus grands superprofits ? C'est l'&#201;tat &#187;. Cette d&#233;claration a pour le moins de quoi faire bondir, et ce d'autant plus qu'elle s'accompagne d'une autre perle : &#171; On n'a pas attendu la Premi&#232;re ministre pour rentrer dans la sobri&#233;t&#233; &#187;. Apr&#232;s les r&#233;v&#233;lations sur les montants faramineux des distributions de dividendes, le moins que l'on puisse dire est que, manifestement, le Medef a perdu le sens des mots et des r&#233;alit&#233;s. R&#233;tablissons ici quelques faits en 5 v&#233;rit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;1&#232;re v&#233;rit&#233; : du c&#244;t&#233; des pr&#233;l&#232;vements, l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s n'est pas aussi &#233;lev&#233; qu'on l'entend en France &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2017, Emmanuel Macron a d&#233;cid&#233; de baisser le taux de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s (IS), en arguant que le taux fran&#231;ais &#233;tait plus &#233;lev&#233; que dans la plupart des pays et qu'il fallait se rapprocher de la moyenne europ&#233;enne. Mais comparer les taux n'a pas de sens si l'on ne compare pas le b&#233;n&#233;fice auquel il s'applique. Or, il se trouve qu'en France, l'assiette de l'IS est, de longue date, plus &#233;troite qu'ailleurs : on admet ainsi davantage de d&#233;ductions du b&#233;n&#233;fice (provisions, amortissements&#8230;) qu'ailleurs. En outre, l'IS comporte &#233;galement des r&#233;gimes d&#233;rogatoires qui b&#233;n&#233;ficient aux groupes ainsi que des &#171; niches fiscales &#187;, dont le c&#233;l&#232;bre cr&#233;dit d'imp&#244;t recherche, qui va co&#251;ter le montant record de 7,4 milliards d'euros cette ann&#233;e. Au final, selon l'OCDE, l'IS fran&#231;ais repr&#233;sentait 2,2 % du PIB en France contre 3 % dans l'ensemble des pays de l'OCDE en 2019, soit avant le passage du taux de l'IS &#224; 25 % en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;cisera &#233;galement que dans le contexte d'inflation, il n'y a pas que le rendement de l'IS qui progresse : la hausse des prix provoque aussi et surtout une augmentation du rendement de la TVA, imp&#244;t indirect qui p&#232;se davantage sur le revenu des plus pauvres et des classes moyennes que sur celui des plus riches...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;2&#232;me v&#233;rit&#233; : du c&#244;t&#233; des d&#233;penses, les entreprises ont &#233;t&#233; largement servies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises contribuent de moins en moins au financement de l'action publique et de la protection sociale. &#192; l'inverse, elles enregistrent des aides publiques dont le montant n'a jamais &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233; : il est ainsi pass&#233; de 65 milliards d'euros en 2007 &#224; 140 milliards d'euros en 2019 avant d'exploser sous l'effet des dispositifs de soutien durant la crise sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hausse a nourri le d&#233;bat sur la conditionnalit&#233; de ces aides. Selon un rapport de l'Assembl&#233;e nationale du 31 mars sur &#171; la conditionnalit&#233; des aides publiques aux entreprises &#187; : &#171; La conditionnalit&#233; des aides publiques aux entreprises interroge in fine, et fort l&#233;gitimement, l'efficacit&#233; de la d&#233;pense publique et son impact &#233;conomique, social, environnemental &#187;. Et ce d'autant plus, que ces aides ont aliment&#233; des profits moins impos&#233;s et tr&#232;s largement distribu&#233;s sous formes de dividendes. Autrement dit, les aides publiques, financ&#233;es par un syst&#232;me fiscal de plus en plus injuste (car moins progressif et reposant de moins en moins sur les plus riches et les entreprises, notamment les plus grandes), ont servi pour une bonne part &#224; verser des dividendes&#8230; De quoi nourrir l&#233;gitimement le d&#233;bat sur la taxation des superprofits et une r&#233;forme de l'IS.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;3&#232;me v&#233;rit&#233; : taxer les superprofits n'isolerait pas la France, au contraire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'imposer fortement les profits des fournisseurs d'&#233;nergie ne date pas d'hier : d&#232;s 2015, l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) la posait d&#233;j&#224;. L'OCDE pr&#233;conise d'ailleurs l'instauration d'une telle taxe dans la p&#233;riode pour financer des mesures adapt&#233;es alors que la forte hausse des prix de l'&#233;nergie p&#233;nalise le revenu des m&#233;nages. La Commission europ&#233;enne elle-m&#234;me s'y est d&#233;clar&#233;e favorable. Le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie ont d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; de mettre en place une taxe de ce type tandis qu'en Allemagne, le d&#233;bat dans le sens d'une telle taxe se joue actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons &#233;galement &#224; ce stade que la proposition de taxer les superprofits ne concerne que les plus grandes entreprises, ce que le Medef a une f&#226;cheuse tendance &#224; oublier en d&#233;fendant &#171; ses &#187; profits et &#171; ses &#187; dividendes, alors que de nombreuses TPE et PME connaissent de r&#233;elles difficult&#233;s. En d&#233;clarant que &#171; s'il faut taxer les superprofits, il faut aider les super pertes &#187;, le patron du Medef oublie l'ampleur des aides publiques aux entreprises, celles de la crise sanitaire et plus globalement celles en place de longue date...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;4&#232;me v&#233;rit&#233; : il faudra bien assurer le financement de la &#171; transition &#233;cologique &#187; et des services publics
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Financer la &#171; transition &#233;cologique &#187; n'est plus une option et, budg&#233;tairement, aura un co&#251;t moindre que de ne rien faire. Selon la note intitul&#233;e &#171; 2% pour 2&#176;C ! &#187; (8 mars 2022) de l'institut Rousseau, pour limiter le r&#233;chauffement &#224; 2 degr&#233;s d'ici 2050, l'effort budg&#233;taire annuel de l'&#201;tat fran&#231;ais devrait &#234;tre rehauss&#233; de 36 milliards d'euros. Selon la Banque centrale europ&#233;enne (BCE, qui a publi&#233; ces donn&#233;es en 2017), le co&#251;t de l'inaction face au changement climatique provoquerait une perte de 10 % du PIB annuel &#224; l'horizon 2100, contre seulement 2 % dans le cas d'un sc&#233;nario de transition &#233;cologique. Le R&#233;seau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du syst&#232;me financier mis en place lors du One Planet Summit de 2017 &#233;voquait pour sa part une perte d'environ 25 % du PIB d'ici &#224; 2100. La question du financement est donc plus qu'essentielle, elle est simplement vitale pour faire face aux enjeux sociaux et &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, il s'agit aussi de financer les services publics et la protection sociale, qui p&#226;tissent de nombreuses ann&#233;es de pression budg&#233;taire et, dans la p&#233;riode, sont &#233;galement touch&#233;es directement et indirectement par la hausse des prix. N'en d&#233;plaise au Medef, les recettes publiques sont imm&#233;diatement r&#233;inject&#233;es dans le circuit &#233;conomique et financent une action publique au service de l'ensemble de la population et des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;5&#232;me v&#233;rit&#233; ; l'injustice fiscale et sociale n'est plus supportable &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus globalement, c'est bien l'injustice fiscale et sociale, doubl&#233;e d'une forte inqui&#233;tude sur les d&#233;fis du moment (le climat, la guerre, l'inflation, les in&#233;galit&#233;s, etc) qui est au c&#339;ur des d&#233;fis. Le Medef a clairement choisi son camp et l'a r&#233;affirm&#233; par la voix de son &#171; patron &#187; : il faudra moins de contribution des entreprises (avec au surplus la suppression de la cotisation sur la valeur ajout&#233;e confirm&#233;e par la Premi&#232;re Ministre) et des actionnaires et moins d'action publique et de protection sociale tandis que le SMIC, les salaires et les minima sociaux perdent du terrain face &#224; l'inflation. Le serrage de ceinture pour la quasi-totalit&#233; de la population et l'insouciante abondance pour une minorit&#233; en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Attac, il faut au contraire mieux r&#233;partir les richesses, r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s de toutes sortes et trouver ainsi les voies et moyens de lier les enjeux sociaux et climatiques. Pour ce faire, s'il faut d'ores et d&#233;j&#224; taxer les superprofits, mais cela ne suffira pas : il s'agit aussi et surtout de r&#233;former le syst&#232;me fiscal, conditionner les aides publiques et combattre r&#233;solument l'&#233;vasion fiscale. Un vrai d&#233;bat de soci&#233;t&#233; en effet...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Distributions de dividendes : l'insousciante abondance</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/distributions-de-dividendes-l-insousciante-abondance</link>
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		<dc:date>2022-08-25T17:42:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lors de l'ouverture du conseil des ministres du 24 ao&#251;t, Emmanuel Macron a d&#233;clar&#233; : &#171; nous vivons la fin de l'abondance, la fin de l'insouciance &#187;. Ces propos ont &#233;t&#233; tenus alors que les donn&#233;es sur les distributions de dividendes venaient d'&#234;tre connues et indiquaient justement que, pour les actionnaires, notamment les plus &#171; gros &#187;, le temps &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment celui de l'abondance et de l'insouciance. &lt;br class='autobr' /&gt; **Dividendes, la f&#234;te se poursuit &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les chiffres sid&#233;rants des profits r&#233;alis&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton96.png?1688491207' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors de l'ouverture du conseil des ministres du 24 ao&#251;t, Emmanuel Macron a d&#233;clar&#233; : &#171; nous vivons la fin de l'abondance, la fin de l'insouciance &#187;. Ces propos ont &#233;t&#233; tenus alors que les donn&#233;es sur les distributions de dividendes venaient d'&#234;tre connues et indiquaient justement que, pour les actionnaires, notamment les plus &#171; gros &#187;, le temps &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment celui de l'abondance et de l'insouciance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Dividendes, la f&#234;te se poursuit &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les chiffres sid&#233;rants des profits r&#233;alis&#233;s par les grandes entreprises en 2021 et de versements de dividendes qui les ont accompagn&#233;s, de nouvelles donn&#233;es montrent que pour les actionnaires, la f&#234;te continue. En glissement annuel, les dividendes mondiaux ont ainsi augment&#233; de 26 % au cours du deuxi&#232;me trimestre. Cette hausse, r&#233;v&#233;l&#233;e par le cabinet Janus Henderson, a conduit ce dernier &#224; relever ses pr&#233;visions de versements de dividendes mondiaux pour 2021 de 1360 &#224; 1390 milliards de dollars. Selon ses donn&#233;es, 84 % des entreprises ont major&#233; leurs dividendes ou les ont maintenus stables par rapport au deuxi&#232;me trimestre 2020. Par ailleurs, le cabinet pr&#233;cise qu'au cours du deuxi&#232;me trimestre, &#171; traditionnellement le plus important pour les dividendes europ&#233;ens &#187;, les versements de dividendes constat&#233;s au Royaume-Uni et en Europe ont augment&#233; respectivement de 60,9 % et de 66,4 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce festin, la France occupe une place de choix. L'&#233;tude pr&#233;cise en effet qu'un nouveau record de dividendes vient d'y &#234;tre battu avec, pour le deuxi&#232;me trimestre, 44,3 milliards d'euros vers&#233;s. Les entreprises fran&#231;aises qui figurent dans le top 20 des plus importants &#171; verseurs &#187; de dividende au cours dudit trimestre sont connues : BNP Paribas (6e), Sanofi (10e), Axa (12e) et LVMH (14e). La France est m&#234;me &#171; championne d'Europe &#187; des versements de dividendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les analystes sensibles aux th&#232;ses n&#233;olib&#233;rales sont rapidement mont&#233;s au cr&#233;neau pour indiquer que cette hausse pourrait ne pas &#234;tre durable et qu'elle correspond &#224; un rattrapage de l'ann&#233;e 2020. Or, ces chiffres faramineux indiquent surtout que les actionnaires des grandes entreprises ont d&#233;cid&#233; de &#171; gaver &#187; leurs actionnaires. De fait, ils se paient non pas en rattrapage du pass&#233; mais sur l'avenir. Prendre tout ce qu'on peut avant une &#233;ventuelle prochaine crise en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Une fiscalit&#233; taill&#233;e depuis 2017 pour les riches actionnaires &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une petite minorit&#233; d'ultra-riches sont les grands gagnants de cette explosion des dividendes. En effet, comme le troisi&#232;me rapport du comit&#233; d'&#233;valuation des r&#233;formes de la fiscalit&#233; du capital (qui d&#233;pend de France Strat&#233;gie, organisme rattach&#233; &#224; Matignon), en 2019, 62% des dividendes ont &#233;t&#233; re&#231;us par les 0,1% des foyers les plus ais&#233;s (soit 39000 foyers), dont 31% par les 0,01% les plus riches (soit 3900 foyers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce festin a &#233;t&#233; largement favoris&#233; par les choix du pr&#233;c&#233;dent quinquennat. En effet, la mise en &#339;uvre du pr&#233;l&#232;vement forfaitaire unique (ou flat tax) et la transformation de l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF) en imp&#244;t sur la fortune immobili&#232;re ont ind&#233;niablement boost&#233; les distributions de dividendes en France depuis 2018. Face aux arguments du gouvernement qui, &#224; l'&#233;poque, promettait des effets &#233;conomiques b&#233;n&#233;fiques gr&#226;ce au ruissellement attendu, Attac a d&#233;nonc&#233; l'aggravation de l'injustice fiscale et sociale de ces mesures qui ne pouvaient que nourrir la hausse des in&#233;galit&#233;s. Ce que les trois rapports du comit&#233; d'&#233;valuation des r&#233;formes de la fiscalit&#233; du capital ont confirm&#233; en termes on ne peut plus clairs : cette r&#233;forme est co&#251;teuse, elle a aliment&#233; le versement de dividendes mais n'a pas produit d'effet sur l'investissement ou l'emploi. Dans son troisi&#232;me rapport, le comit&#233; relevait ainsi que &#171; 72 % du co&#251;t de la r&#233;forme - et donc du gain pour les m&#233;nages - est r&#233;alis&#233; au b&#233;n&#233;fice des 10 % des m&#233;nages dont le revenu fiscal de r&#233;f&#233;rence est le plus &#233;lev&#233;, soit sup&#233;rieur &#224; 130 414 euros en 2015. En r&#233;alit&#233;, le gain est encore plus concentr&#233; sur les tr&#232;s hauts revenus, puisque 43 % du co&#251;t pour les finances publiques b&#233;n&#233;ficie au 1 % des m&#233;nages dont le revenu fiscal de r&#233;f&#233;rence est le plus &#233;lev&#233; &#187;. En d'autres termes, ces r&#233;formes ont eu pour seul effet de profiter aux plus riches...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;formes ont &#233;galement un co&#251;t qui, d'une fa&#231;on ou d'une autre, est pay&#233; par l'ensemble des contribuables (sous la forme d'une baisse des moyens allou&#233;s aux services publics par exemple). Un document de travail de l'Insee et de la Drees paru en septembre 20201 (Document de travail, &#171; Effets des r&#233;formes 2018 de la fiscalit&#233; du capital des m&#233;nages sur les in&#233;galit&#233;s de niveau de vie en France : une &#233;valuation par microsimulation &#187;, 7/09/2020.) avait &#233;galement &#233;valu&#233; les effets de la transformation de l'imp&#244;t sur la fortune (ISF) en imp&#244;t sur la fortune immobili&#232;re (IFI) et de la cr&#233;ation du pr&#233;l&#232;vement forfaitaire unique (PFU). Selon le document, le co&#251;t budg&#233;taire de ces deux r&#233;formes, qui ont principalement b&#233;n&#233;fici&#233; aux 15% les plus ais&#233;s, s'&#233;l&#232;verait entre 2,9 et 3,5 Mds &#8364; par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'insouciance et de l'abondance ne concernera donc pas, avant un certain moment, les b&#233;n&#233;ficiaires de ces versements records de dividendes. L'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et sociale que pr&#233;pare le gouvernement les pr&#233;servera, en pressurisant encore et toujours plus le reste de la population. Droit dans ses bottes, le gouvernement refuse de revenir sur les choix fiscaux du pr&#233;c&#233;dent quinquennat et refuse de taxer les superprofits (deux des mesures en faveur desquelles plaide Attac). Dur avec les faibles, faible avec les forts, on a le courage qu'on peut...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Point d'indice des fonctionnaires : ni rattrapage des pertes ant&#233;rieures, ni alignement sur l'inflation</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/point-d-indice-des-fonctionnaires-ni-rattrapage-des-pertes-anterieures-ni</link>
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		<dc:date>2022-06-29T20:14:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le gouvernement a annonc&#233; ce mardi 28 juin une revalorisation de la valeur du point d'indice (socle des salaires dans la fonction publique) largement inf&#233;rieure aux attentes des organisations syndicales, qui ne rattrape ni les pertes ant&#233;rieures subies par les fonctionnaires depuis 20 ans, ni la hausse de l'inflation. D'autres mesures, de port&#233;e plus limit&#233;e, ont &#233;galement &#233;t&#233; annonc&#233;es. Nous r&#233;pondons ici aux arguments de ceux qui d&#233;plorent le &#171; co&#251;t &#187; de cette mesure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le co&#251;t budg&#233;taire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton88.png?1688491207' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement a annonc&#233; ce mardi 28 juin une revalorisation de la valeur du point d'indice (socle des salaires dans la fonction publique) largement inf&#233;rieure aux attentes des organisations syndicales, qui ne rattrape ni les pertes ant&#233;rieures subies par les fonctionnaires depuis 20 ans, ni la hausse de l'inflation. D'autres mesures, de port&#233;e plus limit&#233;e, ont &#233;galement &#233;t&#233; annonc&#233;es. Nous r&#233;pondons ici aux arguments de ceux qui d&#233;plorent le &#171; co&#251;t &#187; de cette mesure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;Le co&#251;t budg&#233;taire en d&#233;bat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si le co&#251;t budg&#233;taire de cette mesure peut faire d&#233;bat, il est une fois de plus pr&#233;sent&#233; comme trop &#233;lev&#233; par les tenants de la baisse des d&#233;penses publiques. Officiellement, sur la base d'une estimation fr&#233;quemment avanc&#233;e d'au moins 2 milliards d'euros pour 1 % de hausse de la valeur du point d'indice, le co&#251;t de la mesure s'&#233;l&#232;ve &#224; 7,5 milliards d'euros. Cette estimation peut surprendre, si on la compare &#224; l'estimation du co&#251;t de la revalorisation intervenue en 2016 et 2017 par la Cour des comptes pour laquelle : &#171; La revalorisation du point d'indice fonction publique, pour la premi&#232;re fois depuis 2010, de 0,6 point au 1er juillet 2016 et 0,6 point au 1er f&#233;vrier 2017 a un co&#251;t en 2017 estim&#233; &#224; 648 millions d'euros1 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, le co&#251;t brut de la hausse de la valeur du point d'indice reste &#224; &#233;valuer pr&#233;cis&#233;ment m&#234;me si nous retiendrons ici le co&#251;t brut &#171; officiel &#187; de 7,5 milliards d'euros. Mais cette pr&#233;sentation est trompeuse et sp&#233;cieuse, voici pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Un co&#251;t budg&#233;taire net largement inf&#233;rieur au co&#251;t brut annonc&#233;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le co&#251;t net de la hausse de la valeur du point d'indice sera largement inf&#233;rieur &#224; 7,5 milliards d'euros car le l&#233;ger surplus de r&#233;mun&#233;ration qui en sera issu sera r&#233;inject&#233; dans l'&#233;conomie. Les fonctionnaires vont en effet consommer leur revenu (compte tenu de l'&#233;tat des r&#233;mun&#233;rations comme il est montr&#233; ci-dessous, la propension &#224; &#233;pargner2 est relativement faible), ce qui donnera notamment lieu :&lt;br class='autobr' /&gt;
au paiement de TVA (qui repr&#233;sente 45 % des recettes de l'&#201;tat et participe &#233;galement au financement de la S&#233;curit&#233; sociale et des collectivit&#233;s territoriales) et d'autres imp&#244;ts sur la consommation (la taxe int&#233;rieure de consommation sur les produits &#233;nerg&#233;tiques par exemple),&lt;br class='autobr' /&gt;
au paiement de cotisations et contributions sociales,&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les fonctionnaires imposables, au paiement d'un l&#233;ger surplus d'imp&#244;t sur le revenu,&lt;br class='autobr' /&gt;
indirectement, &#224; l'imp&#244;t des entreprises (sur les b&#233;n&#233;fices ou sur le revenu) qui auront b&#233;n&#233;fici&#233; du l&#233;ger surplus de consommation des fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proc&#233;dons ici &#224; une premi&#232;re &#233;valuation du co&#251;t net de la revalorisation de la valeur du point d'indice sur la base de ce que les fonctionnaires reverseront automatiquement aux caisses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Les salaires font l'objet d'impositions diverses.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'imp&#244;t sur le revenu, en 2020, le rapport entre l'imp&#244;t net per&#231;u et le montant des revenus d&#233;clar&#233;s par les foyers imposables et non imposables s'&#233;levait &#224; 5,8 %3. Sur les 7,5 milliards d'euros, l'&#201;tat r&#233;cup&#233;rera 435 millions d'euros.&lt;br class='autobr' /&gt;
En mati&#232;re de TVA, les taux d'effort (le rapport entre la TVA pay&#233;e et le revenu) s'&#233;talent de 12,5 % pour les 10 % les plus pauvres &#224; 4,7 % pour les 10 % les plus ais&#233;s4. Avec un taux moyen d'environ 8 %, l'&#201;tat r&#233;cup&#233;rera 600 millions d'euros de recettes, et 750 millions avec un taux d'effort de 10 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ajoutons &#224; cela la fiscalit&#233; indirecte sur la consommation d'&#233;nergie. En la mati&#232;re, les 20 % des m&#233;nages les plus pauvres consacrent 4,5 % de leur revenu total annuel &#224; la fiscalit&#233; &#233;nerg&#233;tique, contre 1,3 % en moyenne pour les m&#233;nages des 20 % les plus ais&#233;s. En retenant un taux d'effort moyen de 2,9 %, ce sont 217,5 millions d'euros qui seront pay&#233;s par les fonctionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait &#233;galement &#233;voquer les autres imp&#244;ts sur la consommation (tabac, boissons, alcool&#8230;) ou encore la situation des fonctionnaires propri&#233;taires qui, comme l'ensemble des propri&#233;taires, connaissent une hausse r&#233;guli&#232;re de leur taxe fonci&#232;re, notamment pour les quelques situations d'exon&#233;rations, qui du fait de leur hausse, deviennent imposables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bas mot, sur les seuls imp&#244;ts &#233;voqu&#233;s et chiffr&#233;s ci-dessus, entre 1,252 et 1,402 milliard d'euros seront revers&#233;s &#224; l'&#201;tat, davantage si l'on &#233;tend le raisonnement &#224; l'ensemble des imp&#244;ts d'&#201;tat et locaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Le traitement indiciaire brut fait par ailleurs l'objet de pr&#233;l&#232;vements sociaux.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les caisses de S&#233;curit&#233; sociale percevront &#233;galement la contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e (la CSG, au taux 9,2 % sur 98,25 % du salaire brut dont 2,4 % non d&#233;ductibles et donc imposables &#224; l'imp&#244;t sur le revenu) et la caisse d'amortissement de la dette sociale percevra les 0,5 % de la contribution au remboursement de la dette sociale (CDRS). Au total, ce sont pr&#232;s de 715 millions d'euros qui seront vers&#233;s au titre de ces deux pr&#233;l&#232;vements.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'agissant des retraites, une cotisation de 11,10 % est &#233;galement pr&#233;lev&#233;e, &#224; laquelle s'ajoute un pr&#233;l&#232;vement de 5 % sur 20 % du traitement indiciaire brut pour les retraites compl&#233;mentaires. 832 millions d'euros seront ainsi pr&#233;lev&#233;s pour les retraites et 1,87 million pour les retraites compl&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bas mot l&#224; aussi, 1,548 milliard d'euros seront revers&#233;s aux caisses de S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'ensemble des pr&#233;l&#232;vements obligatoires, ce sont, au minimum, entre 2,8 milliards et 2,95 milliards d'euros qui seront revers&#233;s aux caisses publiques. Le co&#251;t de la revalorisation du point d'indice passe donc de 7,5 annonc&#233;e par le gouvernement &#224; 4,7 voire 4,55 milliards d'euros r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Il existe &#233;galement des effets indirects sur les recettes publiques
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu des effets sur les autres imp&#244;ts non pris en compte ici, il ne peut qu'&#234;tre inf&#233;rieur. Encore s'agit-il ici d'un effet direct de la hausse de la valeur du point d'indice. Car indirectement, l'immense majorit&#233; des m&#233;nages consommera son revenu (et dispose d'une capacit&#233; &#224; &#233;pargner faible et, pour certains, nulle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci veut donc dire que ce l&#233;ger soutien &#224; la consommation issu de la revalorisation du point d'indice nourrira le revenu et les b&#233;n&#233;fices des entreprises de vente de biens et de services et, par cons&#233;quent, aura un impact sur leur imp&#244;t sur le revenu ou les soci&#233;t&#233;s. Il en r&#233;sultera l&#224; aussi un retour financier &#224; l'&#201;tat et aux caisses de S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus globalement, les rentr&#233;es fiscales devraient augmenter. En effet, bien qu'insuffisante, la hausse des salaires dans le secteur public comme dans le secteur priv&#233; va par exemple provoquer une hausse m&#233;canique du rendement de la TVA au vu de la hausse des prix, avec une &#233;valuation fine &#224; parfaire vu les taux existants. En 2019 (avant la crise), la TVA rapportait 174 Md&#8364; (le rendement de 1 point est de 7,0 Md&#8364; pour le taux de droit commun de 20 %, 1,4 Md&#8364; pour le taux r&#233;duit de 10 %, 2,0 Md&#8364; pour le taux r&#233;duit de 5,5 % et 0,5 Md&#8364; pour le taux super-r&#233;duit de 2,1 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appliquant une inflation de 6,8% sur 12 mois (la derni&#232;re pr&#233;vision de l'INSE pour 20225), il est parfaitement cr&#233;dible d'avancer que la TVA rapportera environ 11,8 Md&#8364; de plus. Le m&#234;me raisonnement peut &#233;galement se tenir sur les autres imp&#244;ts sur la consommation (TICPE, taxe sur les boissons, sur les tabacs&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;Quid du glissement vieillissement technicit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement, la r&#233;mun&#233;ration des fonctionnaires passe &#233;galement par l'avancement d'&#233;chelon, le fameux effet &#171; GVT &#187; (soit &#171; glissement vieillissement technicit&#233; &#187;). Ce m&#233;canisme est une reconnaissance de la progression de la technicit&#233; des fonctionnaires avec l'anciennet&#233;. Le geste annonc&#233; par le ministre est notoirement insuffisant. Il vient apr&#232;s des ann&#233;es durant lesquels l'avancement a &#233;t&#233; frein&#233; et ne reconna&#238;t pas &#224; sa juste mesure la hausse r&#233;elle de la technicit&#233; des fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, de nombreux fonctionnaires sont bloqu&#233;s au dernier &#233;chelon et subissent une perte s&#232;che de pouvoir d'achat. Celle-ci concerne &#233;galement les fonctionnaires qui, n'ayant pas atteint l'&#233;chelon terminal, doivent attendre plusieurs ann&#233;es avant de passer &#224; l'&#233;chelon sup&#233;rieur. Pour ces derniers, la perte de pouvoir d'achat est tout &#224; la fois absolue (pendant plusieurs ann&#233;es sans avancement) et relative (puisque l'avancement d'&#233;chelon serait plus int&#233;ressant avec une revalorisation du point d'indice).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;R&#233;mun&#233;rations : les fonctionnaires ne sont pas des nantis.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le panorama des r&#233;mun&#233;rations des fonctionnaires (de l'&#201;tat, des collectivit&#233; territoriales et hospitali&#232;re) montre en effet une r&#233;alit&#233; tr&#232;s &#233;loign&#233;e des discours convenus sur les r&#233;mun&#233;rations des fonctionnaires6.&lt;br class='autobr' /&gt;
le salaire net mensuel moyen dans l'ensemble de la fonction publique (dont le taux de cadres largement sup&#233;rieur &#224; celui du secteur priv&#233; devrait plut&#244;t tirer la moyenne vers le haut) s'&#233;tablit &#224; 2.320 euros tandis que le salaire m&#233;dian de l'ensemble de la population s'&#233;l&#232;ve &#224; 2061 euros soit quasiment le m&#234;me (2.599 euros dans la fonction publique de l'&#201;tat, 1.993 euros dans la fonction publique territoriale et 2.315 euros dans la fonction publique hospitali&#232;re),&lt;br class='autobr' /&gt;
les fonctionnaires de cat&#233;gorie C repr&#233;sentent plus d'un tiers de l'ensemble des agents, avec un salaire moyen mensuel net de 1.854 euros quand celui des fonctionnaires de cat&#233;gorie B &#233;quivaut &#224; 2.457 euros et que celui des fonctionnaires de cat&#233;gorie A (pr&#232;s de trois agents de la fonction publique sur dix) s'&#233;l&#232;ve &#224; 2.958 euros par mois,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'anciennet&#233; et l'exp&#233;rience contribuent &#224; un niveau plus &#233;lev&#233; de r&#233;mun&#233;ration : ainsi, alors que les agents de la fonction publique &#226;g&#233;s de moins de 30 ans per&#231;oivent en moyenne une r&#233;mun&#233;ration nette de 1 694 euros, celle des agents &#226;g&#233;s de 60 ans et plus atteint 2 901 euros,&lt;br class='autobr' /&gt;
les 1 % des fonctionnaires les mieux pay&#233;s per&#231;oivent plus de 6 600 euros nets par mois,&lt;br class='autobr' /&gt;
en 2019 41 % des fonctionnaires ont subi une perte de pouvoir d'achat, m&#234;me en tenant compte de l'avancement d'&#233;chelon (les autres doivent leur &#171; salut &#187; &#224; la GIPA ou &#224; un avancement d'&#233;chelon),&lt;br class='autobr' /&gt;
les niveaux de salaires en moyenne sont assez proches entre secteurs public et priv&#233;. Il n'y a aucune justification de ne pas revaloriser le point d'indice pour que, enfin, il rattrape a minima l'inflation,&lt;br class='autobr' /&gt;
la revalorisation de la garantie individuelle du pouvoir d'achat (GIPA), un m&#233;canisme cr&#233;&#233; en 2008 alors qu'une p&#233;riode de disette salariale s'amor&#231;ait pour les fonctionnaires, montre que la hausse de la valeur du point d'indice est nettement insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour information, le co&#251;t de la GIPA est pass&#233; de 43,4 millions d'euros en 2010 &#224; 132,4 millions d'euros en 2015 avant de baisser en 2016 &#224; 68,1 millions d'euros, cette baisse &#233;tant due &#224; la revalorisation de la valeur du point d'indice intervenue en 20167. En 2020, le co&#251;t de la GIPA s'&#233;levait &#224; 26,64 millions d'euros pour la fonction publique d'&#201;tat, 4,73 millions d'euros pour la territoriale et 8,34 millions d'euros pour l'hospitali&#232;re et 34.200 agents de l'Etat b&#233;n&#233;ficiaient de la GIPA pour un montant annuel moyen de 297 euros par agent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;La fonction publique n'est pas une charge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ce d&#233;bat sur le co&#251;t budg&#233;taire r&#233;el, pr&#233;cisons que la vision n&#233;olib&#233;rale qui pr&#233;sente la fonction publique uniquement comme une charge, un co&#251;t qu'il faudrait forc&#233;ment r&#233;duire n'a, &#233;conomiquement et socialement, pas de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, c'est tout d'abord nier l'utilit&#233; de l'action publique et le caract&#232;re productif de la d&#233;pense publique. En effet, les missions exerc&#233;es par les fonctionnaires servent l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, elles sont donc vitales pour la vie en soci&#233;t&#233; et utiles pour les citoyen.nes. La d&#233;pense publique, dont les r&#233;mun&#233;rations des fonctionnaires font partie puisqu'ils ne travaillent pas gratuitement, nourrit l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans les missions publiques (s&#233;curit&#233;, contr&#244;le de la r&#233;glementation, &#233;ducation ou recherche pour ne citer que ces exemples), l'activit&#233; &#233;conomique serait impossible, &#224; moins de confier la charge de ces missions au secteur marchand, ce qui aurait &#233;galement un co&#251;t. Celui-ci serait alors support&#233; par la collectivit&#233; dans les prix factur&#233; de ventes de services&#8230; Un co&#251;t qui int&#233;grerait &#233;galement les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s en charge de ces missions, ce que l'&#201;tat ne &#171; facture &#187; pas. Il s'agirait alors qu'un transfert de charge, mais avec des r&#233;percussions sur les in&#233;galit&#233;s, qui exploseraient. Car seuls les m&#233;nages ayant des revenus confortables pourraient faire face &#224; l'ensemble de leurs besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus prosa&#239;quement, les fonctionnaires sont des salari&#233;.es qui ont droit, comme les salari&#233;.es du secteur priv&#233;, d'&#234;tre correctement pay&#233;.es. Or, la valeur du point d'indice n'a pas &#233;t&#233; revaloris&#233;e depuis f&#233;vrier 2017. La perte de pouvoir d'achat est donc &#233;gale &#224; l'inflation cumul&#233;e entre la derni&#232;re revalorisation et la prochaine, qui avoisine les 10 %.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;h2&#034;&gt;Les fonctionnaires, mal trait&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode, il &#233;tait impossible pour le gouvernement de ne pas revaloriser la valeur du point d'indice. Mais sa communication ne trompera personne. La double obsession du gouvernement, budg&#233;taire et politique (il promeut le recrutement de contractuel&#183;les et une fonction publique flexible), se r&#233;v&#232;le une fois de plus. Il limite la perte du pouvoir d'achat sans la combler et ne rattrape en rien les pertes ant&#233;rieurement subies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Oxfam pour son manifeste &#034;pour une fiscalit&#233; juste, verte et f&#233;ministe &#034;</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/article/entretien-d-oxfam-pour-son-manifeste-pour-une-fiscalite-juste-verte-et</link>
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		<dc:date>2021-12-09T14:42:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;1. Oxfam publie ce jeudi son &#171; manifeste pour une fiscalit&#233; juste, verte et f&#233;ministe &#187;, avant de rentrer dans le d&#233;tail des mesures peux-tu nous expliquer quel est l'objectif de ce manifeste et pourquoi le publier maintenant ? &lt;br class='autobr' /&gt; Quentin Parrinello : On publie ce manifeste aujourd'hui parce qu'on veut montrer qu'en mati&#232;re de fiscalit&#233;, il y a des alternatives au discours de toute une partie de la classe politique qui cherche &#224; baisser les imp&#244;ts co&#251;te que co&#251;te et surtout &#224; baisser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton57.png?1688491209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1. Oxfam publie ce jeudi son &#171; manifeste pour une fiscalit&#233; juste, verte et f&#233;ministe &#187;, avant de rentrer dans le d&#233;tail des mesures peux-tu nous expliquer quel est l'objectif de ce manifeste et pourquoi le publier maintenant ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quentin Parrinello&lt;/strong&gt; : On publie ce manifeste aujourd'hui parce qu'on veut montrer qu'en mati&#232;re de fiscalit&#233;, il y a des alternatives au discours de toute une partie de la classe politique qui cherche &#224; baisser les imp&#244;ts co&#251;te que co&#251;te et surtout &#224; baisser les imp&#244;ts des plus riches et des grandes entreprises. Le probl&#232;me, lorsqu'on baisse les imp&#244;ts des riches et des grandes entreprises, c'est que &#231;a se transforme en coupes dans les services publics, en hausse d'imp&#244;ts pour les classes moyennes et les classes populaires. Des alternatives existent : on veut aller taxer les multinationales qui font de l'&#233;vasion fiscale, les plus riches qui se sont enrichis pendant la crise, les gros pollueurs, pour financer des services publics renforc&#233;s, pour financer un mod&#232;le social &#224; la hauteur de nos besoins, pour financer la transition &#233;cologique. C'est tout l'enjeu qu'on veut montrer avec ce manifeste.&lt;br class='autobr' /&gt;
On le publie &#224; quelques mois de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, ce manifeste est en train d'&#234;tre adress&#233; &#224; tous les candidats &#8211; sauf l'extr&#234;me-droite - il y en a d&#233;j&#224; certains qui l'ont re&#231;u et qui souhaitent nous rencontrer. On veut pouvoir influencer le d&#233;bat public et montrer que les choix de politique sociale, &#233;conomique et fiscale peuvent &#234;tre radicalement diff&#233;rents de ce qui est propos&#233; par toute une partie de la classe politique aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2. Ce manifeste s'appelle donc &#171; manifeste pour une fiscalit&#233; juste, verte et f&#233;ministe &#187;, on va reprendre ces 3 termes ; d'abord quelles sont les propositions d'Oxfam pour r&#233;tablir la justice fiscale ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QP &lt;/strong&gt; : En tout il y a 15 propositions sur la justice climatique, la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s entre les femmes et les hommes, et pour r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s. Il faut savoir que ces 15 mesures ne font pas augmenter la contribution fiscale de ceux qui gagnent moins de 2500 euros nets par mois, c'est-&#224;-dire environ 70 % des fran&#231;ais. L'objectif c'est que les mesures puissent &#224; la fois r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s et financer un mod&#232;le social renforc&#233;. On pose la question qu'Attac et toute une partie de la soci&#233;t&#233; civile posent depuis des ann&#233;es, et encore plus depuis la crise du coronavirus, c'est-&#224;-dire &#224; qui on demande de payer la facture. Et une partie de la r&#233;ponse c'est de faire payer les plus riches, qui s'enrichissent de plus en plus. Oxfam et Attac sont bien plac&#233;s pour le savoir car on a sorti ensemble toute une analyse sur l'enrichissement des milliardaires (lien vers &lt;a href=&#034;https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/note-l-indecent-enrichissement-des-milliardaires-francais-pendant-la-pandemie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/note-l-indecent-enrichissement-des-milliardaires-francais-pendant-la-pandemie&lt;/a&gt;). On demande notamment la mise en place d'un imp&#244;t sur la fortune refond&#233;, renforc&#233; ; on ne demande pas simplement &#224; remettre l'ISF tel qu'il existait avant 2017, mais &#224; le renforcer en modifiant certaines niches fiscales qui profitent aux plus riches ; on modifie le plafonnement de l'ISF qui permettait aux milliardaires de ne presque pas payer, on modifie le pacte Dutreil c'est-&#224;-dire l'exon&#233;ration pour l'outil professionnel qui profite plus aux tr&#232;s gros milliardaires qu'aux petits patrons de PME, c'est une mani&#232;re de r&#233;tablir un ISF qui serait autour de 10 milliards d'euros. A cet ISF, on ajoute un volet climatique pour taxer les milliardaires les plus polluants qui rapportera 4 milliards d'euros suppl&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au del&#224; de l'ISF, on va aussi travailler sur l'h&#233;ritage. On propose de changer compl&#232;tement de braquet. Aujourd'hui les droits de succession sont tr&#232;s peu compris par les fran&#231;ais, qui surestiment les montants pay&#233;s, alors que seulement 20% des successions environ sont tax&#233;es et que le taux moyen en ligne directe est de l'ordre de 5 % (voir la note de l'Observatoire de la justice fiscale : &lt;a href=&#034;https://obs-justice-fiscale.attac.org/publications/article/rehabiliter-les-droits-de-succession-et-de-donation&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://obs-justice-fiscale.attac.org/publications/article/rehabiliter-les-droits-de-succession-et-de-donation&lt;/a&gt;). Le probl&#232;me c'est que pour les tr&#232;s grosses successions, il existe tout un tas d'exon&#233;rations qui permettent de transmettre jusqu'&#224; un million d'euros sans &#234;tre tax&#233;s un seul euro. Donc ce qu'on propose c'est d'avoir un syst&#232;me beaucoup plus simple, o&#249; on va laisser un montant de succession sans &#234;tre tax&#233;, &#224; d&#233;cider d&#233;mocratiquement, et apr&#232;s cela aucune exon&#233;ration et des taux sur les droits de succession beaucoup plus forts qu'aujourd'hui. Le but est de cibler les tr&#232;s gros h&#233;ritages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, on veut aussi s'attaquer aux grosses multinationales et notamment &#224; celles qui pratiquent l'&#233;vasion fiscale, qui utilisent les paradis fiscaux. On demande &#224; mettre en place un taux d'imp&#244;t minimum effectif plus haut que les 15% qui ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;s, on montre 2 hypoth&#232;ses, une &#224; 21% et l'autre 25%, mais surtout on enl&#232;ve toutes les exon&#233;rations qui existent dans l'accord et qui devraient permettre aux multinationales de payer encore moins que 15%. Et enfin on propose la taxation unitaire des multinationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
On va donc demander de l'argent &#224; ceux qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la crise, les plus riches, et aux grosses multinationales qui font de l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3. L'observatoire de la justice fiscale vient de publier un article intitul&#233; &#171; Peut-on instaurer une v&#233;ritable fiscalit&#233; &#233;cologique ? &#187; (&lt;a href=&#034;https://obs-justice-fiscale.attac.org/publications/article/peut-on-instaurer-une-veritable-fiscalite-ecologique&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://obs-justice-fiscale.attac.org/publications/article/peut-on-instaurer-une-veritable-fiscalite-ecologique&lt;/a&gt;) qui montre qu'aujourd'hui la fiscalit&#233; &#233;cologique est inefficace et injuste. Est-ce qu'Oxfam partage ce constat et quelles sont vos propositions pour avancer vers la justice climatique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QP &lt;/strong&gt; : La mani&#232;re dont on se d&#233;place, dont on se chauffe, dont on mange... &#231;a &#233;met des gaz &#224; effet de serre, &#231;a fait grimper notre empreinte carbone. Le but premier de la fiscalit&#233; &#233;cologique c'est de faire changer les comportements et non pas de lever de l'argent. Jusqu'&#224; pr&#233;sent la r&#233;ponse principale des &#233;conomistes c'est de dire &#171; il faut mettre en place une taxe carbone sur les individus &#187;, c'est-&#224;-dire qu'on va rench&#233;rir les comportements polluants des individus pour qu'ils arr&#234;tent. Or le probl&#232;me des taxes carbone sur les individus c'est que ce sont des taxes qui sont extr&#234;mement injustes, parce que quand on taxe la consommation, on taxe plus les plus pr&#233;caires que les plus riches car ils d&#233;dient une part beaucoup plus importante de leurs revenus &#224; consommer plut&#244;t qu'&#224; &#233;pargner. L'&#201;tat n'investit pas assez &#224; c&#244;t&#233; dans les alternatives, on a tous en t&#234;te cet exemple souvent &#233;voqu&#233; lors du mouvement de Gilets jaunes, une personne qui doit prendre sa voiture et faire 20 kilom&#232;tres aller par jour pour aller travailler, c'est tr&#232;s bien de dire que prendre sa voiture &#231;a pollue, mais si vous ne lui offrez pas d'alternative &#224; c&#244;t&#233;, une ligne de train, de transport en commun, du v&#233;lo, du t&#233;l&#233;travail, cette personne ne pourra pas changer de comportement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me point d'injustice c'est que les comportements les plus polluants aujourd'hui, c'est pas la classe moyenne, c'est pas la classe populaire, ce sont les plus riches. On a des empreintes carbone qui sont 4 &#224; 5 fois plus importantes quand on regarde les 10% les plus riches, qui sont 66 fois plus importantes quand on regarde les 1% les plus riches des fran&#231;ais par rapport aux 10% les plus pr&#233;caires. Or la taxe carbone p&#232;se moins sur les plus riches. Il faut que la fiscalit&#233; &#233;cologique cible en priorit&#233; les plus riches et qu'on fasse &#233;merger des alternatives aux comportements polluants pour les plus pr&#233;caires.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat doit mettre fin tr&#232;s rapidement aux niches fiscales climaticides, parce que &#231;a encourage des comportements polluants. Au lieu de repousser la responsabilit&#233; sur les individus, et notamment les plus pr&#233;caires, qui n'ont pas d'alternative, nous voulons une fiscalit&#233; &#233;cologique qui cible les grandes entreprises, les banques, les milliardaires, pour faire changer leurs comportements polluants, notamment de ceux qui d&#233;tiennent les moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4. L'observatoire de la justice fiscale a publi&#233; un entretien avec Christiane Marty qui montre en quoi le quotient familial et conjugal est d&#233;pass&#233; (lien vers &lt;a href=&#034;https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/article/quotient-familial-et-conjugal-pourquoi-et-comment-le-reformer&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/article/quotient-familial-et-conjugal-pourquoi-et-comment-le-reformer&lt;/a&gt;), est-ce qu'Oxfam partage ce constat et quelles sont vos propositions pour que la fiscalit&#233; devienne f&#233;ministe ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;QP &lt;/strong&gt; : On s'est pos&#233; la question du r&#244;le de la fiscalit&#233; dans les in&#233;galit&#233;s femmes &#8211; hommes, on sait qu'aujourd'hui on a le principe d'&#233;galit&#233; dans la Constitution, on a la jurisprudence &#171; &#224; travail &#233;gal, salaire &#233;gal &#187; mais que dans les faits il y a toujours des &#233;carts de salaires extr&#234;mement forts. Lorsqu'on regarde en d&#233;tail, on voit que cet &#233;cart de salaire r&#233;side essentiellement dans la surrepr&#233;sentation des femmes dans les emplois pr&#233;caires, &#224; temps partiel, et dans des branches de m&#233;tiers moins r&#233;mun&#233;r&#233;es. Donc la question qu'on se pose c'est quelle est la part de responsabilit&#233; de la fiscalit&#233; ? Dans le manifeste on s'attaque notamment &#224; la question du quotient conjugal, qui permet de grouper les revenus d'un couple mari&#233; ou pacs&#233;, et qui va finalement finalement, implicitement, augmenter le taux d'imposition du revenu le plus faible et baisser le taux d'imposition du revenu le plus ais&#233;. Le premier impact c'est de faire baisser les imp&#244;ts au niveau d'un couple, on pourrait se dire que c'est une mesure de justice fiscale, effectivement en couple il y a des d&#233;penses suppl&#233;mentaires. Mais le probl&#232;me est dans la sp&#233;cialisation qui en d&#233;coule. Dans un couple o&#249; le quotient conjugal fait augmenter implicitement le taux d'imposition de la femme et fait baisser implicitement le taux d'imposition de l'homme, puisque l'homme gagne mieux sa vie que la femme dans la majorit&#233; des couples, il y a une &#171; sp&#233;cialisation &#187; qui s'op&#232;re au sein du couple : s'il doit y avoir une personne qui travaille plus c'est l'homme et donc &#231;a va retrancher la femme dans une situation de travail domestique non r&#233;mun&#233;r&#233; beaucoup plus important, de renoncement &#224; des choix de carri&#232;re, et donc finalement &#231;a acc&#233;l&#232;re la sp&#233;cialisation au sein des couples et les in&#233;galit&#233;s salariales. Donc une des premi&#232;res pistes est l'individualisation de l'imp&#244;t sur le revenu, y compris pour une raison de lisibilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
A cela on ajoute une attelle : dans plein de cas les hommes vont payer plus d'imp&#244;ts que les femmes, nous ce qu'on veut c'est que le niveau d'imposition refl&#232;te le r&#233;el niveau de revenu d'une personne, mais on ne veut pas faire augmenter l'imp&#244;t sur les personnes qui gagnent moins de 2500 euros net par mois, soit 70 % des fran&#231;ais. Donc, pour les personnes qui gagnent moins, on propose de mettre en place des mesures compensatoires de baisse de l'imp&#244;t sur le revenu et ces personnes ne verront pas leurs imp&#244;ts augmenter. En revanche, &#231;a fera baisser l'imposition des femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me point, notamment apr&#232;s avoir discut&#233; avec plusieurs sociologues, on a tenu &#224; faire un encart sur la fiscalit&#233; des pensions alimentaires. Il faut savoir qu'aujourd'hui lorsqu'une pension alimentaire est vers&#233;e, elle est d&#233;duite du revenu des hommes et est r&#233;introduite dans le revenu fiscal de r&#233;f&#233;rence des femmes, ce qui fait non seulement augmenter l'imp&#244;t des femmes qui re&#231;oivent une pension alimentaire, mais peut aussi les sortir de certains minima sociaux, ce qui les met dans situation de d&#233;pendance envers leur ex conjoint, parce que dans 97% des cas la pension alimentaire est vers&#233;e par un homme &#224; une femme. Ce qu'on demande comme premi&#232;re &#233;tape, c'est d&#233;j&#224; de d&#233;fiscaliser la pension alimentaire vers&#233;e aux femmes pour &#234;tre s&#251;r qu'elles ne soient pas priv&#233;es de minima sociaux, jusqu'&#224; un certain plafond, on appelle &#224; un d&#233;bat d&#233;mocratique pour d&#233;terminer ce plafond.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont deux mesures de fiscalit&#233; f&#233;ministe qu'on met sur la table. Au vu de l'exp&#233;rience du dernier quinquennat, on s'est dit qu'on pr&#233;f&#233;rait avoir un vrai d&#233;bat d&#233;mocratique sur le quotient conjugal avec l'ensemble des partenaires sociaux, soit sur un plafonnement beaucoup plus s&#233;v&#232;re, soit une fin pure et simple du quotient conjugal. Et je vois qu'Attac a d&#233;j&#224; des id&#233;es &#224; proposer l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par l'&#201;quipe de l'Observatoire de la justice fiscale &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retrouvez ici le manifeste d'Oxfam :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&lt;a href=&#034;https://www.oxfamfrance.org/rapports/manifeste-fiscal-juste-vert-et-feministe-quelles-reformes-pour-un-modele-fiscal-moins-inegalitaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.oxfamfrance.org/rapports/manifeste-fiscal-juste-vert-et-feministe-quelles-reformes-pour-un-modele-fiscal-moins-inegalitaire&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Y aura-t-il un super &#171; SAPIN &#187; pour les Lanceurs d' Alerte &#224; No&#235;l ?</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/article/y-aura-t-il-un-super-sapin-pour-les-lanceurs-d-alerte-a-noel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/article/y-aura-t-il-un-super-sapin-pour-les-lanceurs-d-alerte-a-noel</guid>
		<dc:date>2021-11-13T13:42:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 17 novembre, l' assembl&#233;e nationale votera une loi sur la transposition en droit fran&#231;ais de la directive europ&#233;enne sur la protection des lanceurs d'alerte. &lt;br class='autobr' /&gt; Antoine Deltour, lanceur d' alerte dans l' affaire Lux Leaks et membre du conseil d' administration de la Maison des Lanceurs d' Alerte [ https://mlalerte.org/] r&#233;pond &#224; nos questions. &lt;br class='autobr' /&gt;
*** Peux tu nous rappeler l'affaire Lux Leaks et le r&#244;le que tu as jou&#233; dans cette affaire ? Quelles ont &#233;t&#233; les cons&#233;quences de cette affaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/debats/" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton48.jpg?1688491210' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 17 novembre, l' assembl&#233;e nationale votera une loi sur la transposition en droit fran&#231;ais de la directive europ&#233;enne sur la protection des lanceurs d'alerte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Antoine Deltour, lanceur d' alerte dans l' affaire Lux Leaks et membre du conseil d' administration de la Maison des Lanceurs d' Alerte [ &lt;a href=&#034;https://mlalerte.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mlalerte.org/&lt;/a&gt;] r&#233;pond &#224; nos questions.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;h4&#034;&gt; Peux tu nous rappeler l'affaire Lux Leaks et le r&#244;le que tu as jou&#233; dans cette affaire ? Quelles ont &#233;t&#233; les cons&#233;quences de cette affaire pour vous lanceurs d'alerte et quel enseignement en retiens-tu ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Luxleaks est la r&#233;v&#233;lation en 2014, par l'International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ), de pratiques d'optimisation fiscale agressive en vigueur au Luxembourg. L'administration fiscale y approuvait avec complaisance des accords fiscaux (&#171; tax rulings &#187;) con&#231;us par les grands cabinets d'audit (&#171; big 4 &#187;) au b&#233;n&#233;fice de tr&#232;s nombreuses multinationales. J'ai copi&#233; plus de 500 accords fiscaux, extr&#234;mement confidentiels et avantageux, au moment de ma d&#233;mission de PricewaterhouseCoopers (PwC), un des quatre &#171; big 4 &#187;. Des dizaines de journalistes de plusieurs continents ont enqu&#234;t&#233; sur ces documents, compl&#233;t&#233;s de ceux extraits par Rapha&#235;l Halet, autre salari&#233; de PwC. La publication simultan&#233;e des enqu&#234;tes et des documents a eu lieu fin 2014, au moment o&#249; Jean-Claude Juncker prenait la pr&#233;sidence de la Commission Europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'indignation suscit&#233;e par ces r&#233;v&#233;lations a donn&#233; un coup d'acc&#233;l&#233;rateur &#224; la transparence fiscale en Europe. Mais dans le m&#234;me temps, j'ai d&#251; affronter des poursuites p&#233;nales au Luxembourg, tout comme Rapha&#235;l Halet et &#201;douard Perrin, le journaliste ayant obtenu les documents en premier. Je risquais jusqu'&#224; 10 ans de prison et 1,3 millions d'euros d'amende. De tr&#232;s nombreux soutiens m'ont permis de me d&#233;fendre efficacement. &#192; l'issue de quatre proc&#232;s, la qualit&#233; de lanceur d'alerte m'a &#233;t&#233; pleinement reconnue et j'ai ainsi &#233;t&#233; acquitt&#233; au p&#233;nal. Mais suite &#224; des arr&#234;ts d&#233;favorables de la Cour de cassation de Luxembourg puis de la Cour Europ&#233;enne des Droits de l'Homme (CEDH), le cas de Rapha&#235;l Halet doit encore &#234;tre &#233;tudi&#233; par la Grande Chambre de la CEDH.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment, ni Rapha&#235;l ni moi ne nous attendions &#224; de telles cons&#233;quences en agissant en simple sources anonymes d'un journaliste. Il y a eu des moments difficiles, mais j'ai finalement beaucoup moins souffert que de nombreux lanceurs d'alerte, dont le pr&#233;judice peut comporter une perte totale d'employabilit&#233;, une rupture avec les proches, des menaces sur la s&#233;curit&#233; physique voire un exil forc&#233;. Et surtout, les r&#233;percussions ont largement d&#233;pass&#233; mes esp&#233;rances. Les sujets qui m'indignaient ont trouv&#233; une audience tr&#232;s large au point d'avoir un impact concret sur le cours de choses. Je n'&#233;prouve donc aucun regret, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;h4&#034;&gt;Qu' a apport&#233; la loi sapin 2 sur la protection des LA et quels en sont les manques ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Avant la loi Sapin 2, plusieurs dispositifs morcel&#233;s et parfois incoh&#233;rent coexistaient. Le principal apport est donc la cr&#233;ation d'un r&#233;gime unique, plus visible, autour d'une d&#233;finition large. En particulier, une alerte peut avoir lieu en dehors de l'environnement professionnel et porter sur un &#171; pr&#233;judice grave pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;, donc sans qu'il n'y ait n&#233;cessairement de violation du droit (ce point faisait d&#233;bat dans le cas des Luxleaks).&lt;br class='autobr' /&gt;
La principale lacune de la loi Sapin 2 r&#233;side dans les conditions strictes que le lanceur d'alerte doit remplir pour b&#233;n&#233;ficier d'une protection. Hors cas de danger grave et imminent (qu'il faut pouvoir prouver), le lanceur d'alerte a l'obligation de suivre une proc&#233;dure en trois paliers, dont le premier consiste &#224; porter l'alerte en interne, c'est-&#224;-dire en se manifestant aupr&#232;s de sa hi&#233;rarchie. Cela pr&#233;sente un risque &#233;vident de faire na&#238;tre des repr&#233;sailles voire de faire dispara&#238;tre de preuves. Un d&#233;lai et des conditions sont fix&#233;es pour ensuite pouvoir porter l'alerte aupr&#232;s d'autorit&#233;s externes (deuxi&#232;me palier) et enfin aupr&#232;s du public.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;h4&#034;&gt; Que propose la directive europ&#233;enne, ses points positifs et ses manques ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La directive europ&#233;enne adopt&#233;e fin 2019 a d&#233;j&#224; le grand m&#233;rite d'instaurer une protection des lanceurs d'alerte partout en Europe. Rappelons que l'alerte donne le pouvoir &#224; chaque citoyen de se constituer en dernier rempart, lorsque les r&#233;gulations existantes dysfonctionnent. C'est donc un outil de revitalisation de la d&#233;mocratie bienvenu, notamment dans les pays o&#249; les libert&#233;s publiques sont particuli&#232;rement attaqu&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avanc&#233;e principale de la directive est la libert&#233; donn&#233;e au lanceur d'alerte d'opter sans d&#233;lai pour le deuxi&#232;me palier. Le lanceur d'alerte pourra ainsi choisir de porter l'alerte directement aupr&#232;s des autorit&#233;s sans obligation de faire au pr&#233;alable un signalement interne. Ce point constitue une am&#233;lioration significative du dispositif Sapin 2. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, les lanceurs d'alerte doivent &#234;tre prot&#233;g&#233;s de toute forme de repr&#233;sailles, lesquelles doivent &#234;tre sanctionn&#233;es, et les dommages subis par les lanceurs d'alerte doivent &#234;tre r&#233;par&#233;s. Il n'y a pas d'obligation d'agir de mani&#232;re d&#233;sint&#233;ress&#233;e, qui pouvait &#234;tre instrumentalis&#233;e en jusice. Le r&#244;le des facilitateurs de l'alerte est prot&#233;g&#233; dans une certaine mesure, mais le cas des lanceurs d'alertes personnes morales n'est pas encore pr&#233;vu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La principale limite de la directive concerne son champ d'application, limit&#233; aux violations du droit europ&#233;en et au contexte professionnel. La transposition en droit fran&#231;ais devrait heureusement appliquer les apports de la directive au champ large issu de la loi Sapin 2.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;h4&#034;&gt;Si cette directive et sa transposition en droit fran&#231;ais avaient &#233;t&#233; ant&#233;rieur &#224; l'affaire Luxleaks, pense tu que ta situation et ton combat auraient &#233;t&#233; facilit&#233;s en tant que lanceur d'alerte ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'exemple des Luxleaks souligne tout l'int&#233;r&#234;t d'un cadre protecteur europ&#233;en : des salari&#233;s Fran&#231;ais faisaient l'objet d'une plainte au Luxembourg pour des r&#233;v&#233;lations de port&#233;e internationale. Les dispositions de la directive n'auraient peut-&#234;tre pas emp&#234;ch&#233; une proc&#233;dure judiciaire, mais nous aurions eu des arguments beaucoup plus puissants pour nous d&#233;fendre. La proc&#233;dure n'aurait donc peut-&#234;tre &#233;t&#233; aussi longue. &lt;br class='autobr' /&gt;
La directive invite aussi les &#201;tats membres &#224; apporter un soutien financier et psychologique. Un comit&#233; de soutien a collect&#233; plu de 100 000 euros pour me d&#233;fendre. Mais toutes les alertes ne permettent pas de mobiliser autant de solidarit&#233;. L'enjeu est donc que la puissance publique r&#233;ponde &#224; ce besoin mat&#233;riel des lanceurs d'alerte. Il existe une forte incertitude sur la mani&#232;re dont la France va l&#233;gif&#233;rer sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;h4&#034;&gt;Cette directive risque-t-elle de limiter la port&#233;e de textes potentiels futurs en faveur des lanceurs d'alerte ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Une fois la directive transpos&#233;e, on ne sait pas dans quel d&#233;lai le sujet reviendra &#224; l'agenda. Il y a un risque que les propositions qui n'auront pas convaincu &#224; cette occasion restent dans les cartons un certain temps. Mais le droit &#233;volue toujours pas &#233;tapes. Il faut n&#233;cessairement du temps pour sensibiliser et faire progresser les id&#233;es nouvelles. L'alerte est un sujet maintenant bien identifi&#233; et les lignes ont beaucoup boug&#233; en seulement quelques ann&#233;es. Il faut esp&#233;rer que les progr&#232;s r&#233;cents se poursuivent.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;h4&#034;&gt;Y-a-t-il des freins &#224; cette transcription en droit fran&#231;ais et si oui, quelles en sont les raisons ? &lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;On peut faire deux constats. Premi&#232;rement, la France ne s'est pas empress&#233;e de transposer la directive. Le d&#233;lai officiel s'ach&#232;ve le 17 d&#233;cembre et ne sera vraisemblablement pas respect&#233;. Deuxi&#232;mement, chose assez rare, la transposition ne prend pas la forme d'une initiative du gouvernement mais d'une proposition de loi, impuls&#233;e par le d&#233;put&#233; Sylvain Waserman. Pour autant, cette proposition de loi est soutenue par la majorit&#233; parlementaire et elle est le fruit d'une phase d'&#233;coute et de concertation assez constructive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les milieux &#233;conomiques, il existe certainement des craintes dues au risque de r&#233;putation et aux nouvelles obligations li&#233;es &#224; l'alerte. Mais les positions exprim&#233;es jusqu'ici par les organisations patronales ne seraient pas aussi hostiles aux lanceurs d'alerte qu'on pourrait le penser. A vrai dire, une part importante de la bataille a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; gagn&#233;e au niveau europ&#233;en, gr&#226;ce &#224; une coalition exemplaire d'ONG et de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;h4&#034;&gt;Quelles sont les propositions cl&#233;s de la MLA pour aller plus loin qu'une simple transposition ?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le secours financier apport&#233; aux lanceurs d'alerte, tel que pr&#233;vu dans la version initiale de la proposition de loi, semble fragile. La MLA propose la cr&#233;ation d'un fonds de soutien d&#233;di&#233; dot&#233; d'un financement robuste. &#192; d&#233;faut, il serait souhaitable de faciliter l'acc&#232;s des lanceurs d'alerte &#224; l'aide juridictionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, nous questionnons la temporalit&#233; de la protection accord&#233;e aux lanceurs d'alerte. Le D&#233;fenseur des Droits pourrait reconna&#238;tre la recevabilit&#233; des alertes afin d'ouvrir des droits aux lanceurs d'alerte sans attendre l'issue de longues proc&#233;dures judiciaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus les r&#233;f&#233;rents internes, interlocuteurs des lanceurs d'alerte au sein des organisations, sont rarement ind&#233;pendants des directions et peuvent subir eux-m&#234;mes des pressions. Nous proposons que la loi accorde aux r&#233;f&#233;rents le statut de salari&#233;s prot&#233;g&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La MLA propose aussi de renforcer la protection accord&#233;e aux facilitateurs de l'alerte. En particulier, il serait souhaitable que des personnes morales puissent se substituer aux lanceurs d'alerte pour diffuser leurs r&#233;v&#233;lations. Ce serait une excellente solution pour ne pas exposer inutilement les lanceurs d'alerte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Campagne &#233;lectorale : gare aux inepties fiscales</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/campagne-electorale-gare-aux-inepties-fiscales</link>
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		<dc:date>2021-11-07T16:44:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si chaque campagne &#233;lectorale comporte son lot de promesses et de formules en tout genre, en mati&#232;re de d&#233;magogie et de d&#233;clarations choc fa&#231;on &#171; n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;complex&#233; &#187;, celle qui se profile pourrait faire exploser les compteurs. &lt;br class='autobr' /&gt; Parmi les derniers exemples en date figure la proposition d'Eric Ciotti (candidat &#224; l'investiture du parti Les R&#233;publicains pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles) de remplacer le bar&#232;me progressif de l'imp&#244;t sur le revenu par une flat-tax (un imp&#244;t &#224; taux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton45.jpg?1688491208' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si chaque campagne &#233;lectorale comporte son lot de promesses et de formules en tout genre, en mati&#232;re de d&#233;magogie et de d&#233;clarations choc fa&#231;on &#171; n&#233;olib&#233;ralisme d&#233;complex&#233; &#187;, celle qui se profile pourrait faire exploser les compteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les derniers exemples en date figure la proposition d'Eric Ciotti (candidat &#224; l'investiture du parti Les R&#233;publicains pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles) de remplacer le bar&#232;me progressif de l'imp&#244;t sur le revenu par une flat-tax (un imp&#244;t &#224; taux proportionnel) au taux de 15 %. La justification avanc&#233;e ? Il faudrait all&#233;ger l'imp&#244;t des plus ais&#233;s qui subissent &#171; l'assommoir fiscal &#187;. Mais, s'il y a quelque chose d'assommant, c'est pourtant bien cette proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Ciotti avance que 10 % des contribuables paient 70 % de l'imp&#244;t sur le revenu et trouve cette situation anormale. Il y a des raisons &#224; cela. &#192; commencer par les in&#233;galit&#233;s de revenus qui expliquent &#224; elles seules pourquoi les personnes ais&#233;es et riches paient une bonne part de l'imp&#244;t sur le revenu puisque celui-ci est progressif. Il existe d'autres explications. Plus de la moiti&#233; des foyers fiscaux n'ont pas de revenus suffisamment &#233;lev&#233;s pour &#234;tre imposables. Par cons&#233;quent, seulement 45 % des foyers fiscaux environ sont imposables. Parmi eux figurent donc les &#171; riches &#187;, m&#234;me si ceux-ci ont largement b&#233;n&#233;fici&#233; des mesures du quinquennat avec, par exemple, la mise en place du pr&#233;l&#232;vement forfaitaire unique (PFU) en 2018, un imp&#244;t au taux proportionnel sur les revenus financiers et les plus-values financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler le bilan de l'actuelle &#171; flat-tax &#187; sur les revenus financiers, le PFU. Comme la transformation de l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF) en imp&#244;t sur la fortune immobili&#232;re (IFI) &#233;galement instaur&#233;e en 2018, le PFU a eu un effet : procurer une &#233;conomie d'imp&#244;t importante aux plus riches et donc, accro&#238;tre leur revenu disponible. Mais d'effet sur l'investissement et l'emploi, personne n'en a trouv&#233;&lt;a href='https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/les-dissimulations-du-gouvernement-sur-son-vrai-bilan-redistributif-3' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(voir nos articles sur le bilan redistributif du quinquennat&lt;/a&gt;). Rappelons ici les donn&#233;es tr&#232;s parlantes du 3&#232;me rapport du comit&#233; d'&#233;valuation des r&#233;formes de la fiscalit&#233; du capital de France strat&#233;gie (paru en octobre 2021) : le PFU et la transformation de l'ISF en IFI ont favoris&#233; une forte progression du versement des dividendes et des plus-values. Une progression qui a b&#233;n&#233;fici&#233; aux plus riches : en 2019, 62 % des dividendes ont &#233;t&#233; re&#231;us par 39.000 foyers fiscaux dont la moiti&#233; (31%) par 0,1 % des foyers quand 3.900 foyers b&#233;n&#233;ficiaient de 76 % des plus-values. Tout cela sans effet notable sur l'investissement et les salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire ne s&#8216;arr&#234;te pas l&#224;. Dans ses d&#233;clarations, Eric Ciotti s'assoit all&#232;grement sur la contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e (CSG), pay&#233;e par la quasi-totalit&#233; des m&#233;nages au taux proportionnel de 9,2 % par exemple pour les revenus d'activit&#233; et ce, quel que soit le niveau de salaire. Il oublie par ailleurs all&#232;grement la TVA, pay&#233;e par tout le monde tous les jours, et dont le poids est plus lourd dans le budget des m&#233;nages pauvres et des classes moyennes que dans celui des plus riches. Il oublie &#233;galement les autres imp&#244;ts sur la consommation, comme la fameuse taxe int&#233;rieur de consommation sur les produits &#233;nerg&#233;tiques. Des oublis coupables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pire. Si une mesure aussi inique qu'une flat-tax de 15 % &#233;tait mise en place, elle p&#233;naliserait la quasi-totalit&#233; des foyers fiscaux. En effet, le taux r&#233;el d'imp&#244;t sur le revenu n'atteint 15 % que pour une petite minorit&#233; de foyers fiscaux. Il est ainsi inf&#233;rieur &#224; 10 % pour les foyers dont le revenu est compris entre 50.000 et 100.000 euros et s'&#233;levait &#224; 19,29 % pour ceux dont le revenu est sup&#233;rieur &#224; 100.000 euros. Pour l'immense majorit&#233;, une flat-tax &#224; 15 % serait donc tr&#232;s lourde &#224; supporter. Pour les riches, ce serait une baisse in&#233;gal&#233;e, synonyme d'explosion des in&#233;galit&#233;s. Une v&#233;ritable redistribution &#224; l'envers en somme, &#224; l'oppos&#233; des objectifs de la politique fiscale au rang desquels la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s. Celle-ci doit s'appuyer sur un renforcement des imp&#244;ts progressifs. C'est ce que portera Attac sans rel&#226;che dans le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cum cum, Cum ex, kesako ?</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/comprendre-la-fiscalite/article/cum-cum-cum-ex-kesako</link>
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		<dc:date>2021-10-28T22:33:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;v&#233;l&#233;es au grand public en 2018, les pratiques d'&#233;vitement de l'imp&#244;t baptis&#233;es &#171; cum cum &#187; et &#171; cum ex &#187; ont refait surface r&#233;cemment. Le co&#251;t de ce sch&#233;ma d'&#233;vasion fiscale est colossal : loin des 55 milliards d'euros de pertes de recettes pour plusieurs &#201;tats europ&#233;ens tel qu'annonc&#233; en 2018, il aurait en r&#233;alit&#233; g&#233;n&#233;r&#233; en 20 ans quelque 150 milliards dont 33 milliards d'euros pour la France. Des milliards d'euros qui ont cruellement manqu&#233; au syst&#232;me de sant&#233; ou encore au financement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/comprendre-la-fiscalite/" rel="directory"&gt;Comprendre la fiscalit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;v&#233;l&#233;es au grand public en 2018, les pratiques d'&#233;vitement de l'imp&#244;t baptis&#233;es &#171; cum cum &#187; et &#171; cum ex &#187; ont refait surface r&#233;cemment. Le co&#251;t de ce sch&#233;ma d'&#233;vasion fiscale est colossal : loin des 55 milliards d'euros de pertes de recettes pour plusieurs &#201;tats europ&#233;ens tel qu'annonc&#233; en 2018, il aurait en r&#233;alit&#233; g&#233;n&#233;r&#233; en 20 ans quelque 150 milliards dont 33 milliards d'euros pour la France. Des milliards d'euros qui ont cruellement manqu&#233; au syst&#232;me de sant&#233; ou encore au financement de la transition &#233;cologique. Tout ceci, avec la complicit&#233; d'interm&#233;diaires et de banques qui ont rendu ce sch&#233;ma possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique a perdur&#233; bien au-del&#224; du dispositif cens&#233; les neutraliser vot&#233; fin 2018 en France. Quelle est cette pratique ? Comment a-t-elle pu voir le jour et durer ? Comment l'emp&#234;cher &#224; l'avenir ? C'est l'objet de la pr&#233;sente note.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Deux &#233;vitements de l'imp&#244;t tous deux synonymes d'&#233;vasion et de fraude fiscales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re l'affaire se trouvent en r&#233;alit&#233; deux sch&#233;mas d'&#233;vasion fiscale, l'un consid&#233;r&#233; comme l&#233;gal, l'autre relevant de l'ill&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le CumCum est pr&#233;sent&#233; comme une forme l&#233;gale d'optimisation fiscale puisque le but est d'utiliser le droit au b&#233;n&#233;fice des investisseurs &#233;trangers. Ceux-ci revendent en effet leurs actions aux banques nationales pour une dur&#233;e souvent tr&#232;s courte avant de percevoir leurs dividendes. Ces investisseurs &#233;chappent donc &#224; tout pr&#233;l&#232;vement et r&#233;cup&#232;rent ensuite leurs dividendes, moyennant une commission vers&#233;e &#224; la banque qui aura h&#233;berg&#233; temporairement leurs titres financiers. L'op&#233;ration est rapide, si bien que les administrations fiscales n'identifient pas le v&#233;ritable propri&#233;taire des titres. Dans un rapport&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport d'information de la Commission des finances de l'Assembl&#233;e nationale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'Assembl&#233;e nationale pr&#233;cise que &#171; cette pratique consiste &#224; transf&#233;rer de mani&#232;re artificielle la propri&#233;t&#233; d'actions ou titres ouvrant droit &#224; dividendes, lorsque ces derniers sont vers&#233;s, pour &#233;chapper &#224; l'imp&#244;t, &#224; travers deux types de montage :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; les montages internes, dans lesquels une personne ne r&#233;sidant pas en&lt;br class='autobr' /&gt;
France va transf&#233;rer ses actions ou titres &#224; un r&#233;sident fran&#231;ais &#8211; souvent un &#233;tablissement financier &#8211;, qui percevra le dividende et r&#233;troc&#233;dera le montant de ce dernier par le biais d'un flux indirect ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; les montages externes, s'appuyant sur l'exploitation des conventions fiscales exon&#233;rant de retenue &#224; la source les dividendes et consistant &#224; transf&#233;rer la propri&#233;t&#233; des actions ou titres &#224; un r&#233;sident d'une juridiction li&#233;e par une telle convention, le dividende per&#231;u &#8211; et exon&#233;r&#233; &#8211; &#233;tant ensuite &#233;galement restitu&#233;, directement ou indirectement, &#224; son d&#233;tenteur r&#233;el. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Consid&#233;r&#233; comme &#171; l&#233;gale &#187; bien qu'immorale, cette pratique pourrait toutefois ne pas r&#233;sister &#224; une analyse approfondie. Elle est mise en &#339;uvre principalement, voire exclusivement, pour &#233;chapper &#224; l'imp&#244;t et pourrait &#224; ce titre relever de l'abus de droit, soit de la fraude fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le CumEx, est pour sa part une pratique reconnue d'embl&#233;e comme ill&#233;gale et frauduleuse qui a permis &#224; des soci&#233;t&#233;s non seulement d'&#233;viter l'imp&#244;t mais aussi de se faire rembourser un imp&#244;t sur les dividendes qu'elles n'ont pas pay&#233; ! Parfois m&#234;me, la cha&#238;ne de complicit&#233; aboutit &#224; rembourser &#224; plusieurs &#171; faux propri&#233;taires &#187; (mais qui se pr&#233;valent de l'&#234;tre pour avoir d&#233;tenu ces titres durant une courte p&#233;riode) le cr&#233;dit d'imp&#244;t, &#233;gal en th&#233;orie &#224; l'imp&#244;t pay&#233; par les investisseurs &#233;trangers sur leurs revenus de source fran&#231;aise, ici les dividendes. Concr&#232;tement, les dividendes sont vers&#233;s &#224; la personne d&#233;tentrice d'actions. Par un habile syst&#232;me d'achat/revente d'un grand nombre d'actions entre soci&#233;t&#233;s au moment du versement des dividendes, les soci&#233;t&#233;s ont demand&#233; aux administrations fiscales le remboursement d'un cr&#233;dit d'imp&#244;t li&#233; au versement des dividendes. Les administrations fiscales n'arrivant pas &#224; identifier le v&#233;ritable propri&#233;taire, elles proc&#232;dent au remboursement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;Les mesures prises fin 2018 en France ont &#233;t&#233; controvers&#233;es d&#232;s le d&#233;but
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, un m&#233;canisme dit de lutte contre les sch&#233;mas d'optimisation fiscale d'&#171; arbitrage de dividendes internes &#187; (dit &#171; CumCum interne &#187;) est entr&#233; en vigueur le 1&#7497;&#691; juillet 2019 afin que les investisseurs &#233;trangers ne puisse &#233;chapper &#224; la retenue &#224; la source pr&#233;vue par l'article 119 bis du Code g&#233;n&#233;ral des imp&#244;ts (CGI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le rapport pr&#233;cit&#233; de l'Assembl&#233;e nationale, le but &#233;tait de &#171; requalifier en revenu distribu&#233; sujet &#224; la retenue &#224; la source pr&#233;vue &#224; l'article 119 bis du CGI, les versements r&#233;alis&#233;s : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; entre des r&#233;sidents fiscaux fran&#231;ais et des non-r&#233;sidents fiscaux fran&#231;ais,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; dans le cadre d'une cession temporaire ou de toute op&#233;ration donnant le droit ou faisant obligation de restituer ou revendre des parts ou actions ou des droits portant sur des titres pendant une p&#233;riode de moins de 45 jours incluant la date &#224; laquelle le droit &#224; une distribution de produit d'actions, de parts sociales ou de revenus assimil&#233;s au versement d'un dividende est acquis.&lt;br class='autobr' /&gt;
La retenue &#224; la source est due lors de la mise en paiement du versement et acquitt&#233;e par la personne qui en assure le versement. La pr&#233;somption pos&#233;e par le l&#233;gislateur est une pr&#233;somption simple susceptible d'&#234;tre renvers&#233;e par les contribuables d&#232;s lors qu'ils peuvent prouver que l'op&#233;ration effectu&#233;e n'a pas principalement pour objet d'&#233;viter l'application de la retenue &#224; la source pr&#233;vue &#224; l'article 119 bis du CGI. Le remboursement de la retenue &#224; la source pourra alors &#234;tre obtenu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mesure s'est av&#233;r&#233;e inefficace. Pire, elle a &#233;t&#233; contest&#233;e avant sa mise en &#339;uvre, soit d&#233;s son vote par l'Assembl&#233;e nationale. En juillet 2019 en effet, le rapport de l'Assembl&#233;e nationale pr&#233;cit&#233; revenait sur le d&#233;bat qui l'a oppos&#233;e au S&#233;nat en r&#233;pondant au passage aux critiques du quotidien Le Monde. Le S&#233;nat et le quotidien Le Monde regrettaient en effet de concert que le dispositif ne couvre pas l'ensemble des pratiques puisqu'il ignorait le &#171; cum cum externe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument avanc&#233; par les rapporteurs de l'Assembl&#233;e nationale pour justifier cette mesure tr&#232;s en retrait est curieux : &#171; si regretter la suppression du volet d&#233;di&#233; aux montages externes se comprend dans l'absolu, maintenir cette partie du dispositif n'aurait pas &#233;t&#233; raisonnable dans la mesure o&#249;, ainsi qu'il a &#233;t&#233; vu, elle pr&#233;sentait de tr&#232;s s&#233;rieux risques de contrari&#233;t&#233; avec le droit europ&#233;en et les conventions fiscales &#187;. En termes plus clairs, les rapporteurs admettaient alors &#224; demi-mot d'une part, que le dispositif vot&#233; &#233;tait (et demeure) insuffisant et d'autre part, qu'ils avaient renonc&#233; &#224; modifier des textes existants alors que l'objet de toute r&#233;forme est pr&#233;cis&#233;ment&#8230; de les modifier ! On conna&#238;t malheureusement la suite : le sch&#233;ma a perdur&#233; avec &#224; la clef un co&#251;t faramineux pour les finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 octobre 2021, une proposition de r&#233;solution visant &#224; cr&#233;er une commission d'enqu&#234;te sur la lutte contre l'arbitrage de dividendes &#233;tait d&#233;pos&#233;e par une s&#233;natrice. Il serait &#233;galement int&#233;ressant d'analyser la responsabilit&#233; des acteurs engag&#233;s dans ce gigantesque sch&#233;ma d'&#233;vasion fiscale, dont les banques... Reste enfin que l'urgence est bien d'en finir avec ce type de montage. Pour ce faire, le renforcement de la coop&#233;ration internationale (accompagn&#233; par exemple par l'instauration d'un cadastre financier) et des moyens l&#233;gislatifs (afin de couvrir l'ensemble des pratiques concern&#233;es), humains et mat&#233;riels des services qui combattent l'&#233;vasion fiscale sont indispensables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport d'information de la Commission des finances de l'Assembl&#233;e nationale sur l'application des mesures fiscales, 17 juillet 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les dissimulations du gouvernement sur son vrai bilan redistributif (3)</title>
		<link>https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/les-dissimulations-du-gouvernement-sur-son-vrai-bilan-redistributif-3</link>
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		<dc:date>2021-10-27T14:19:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;quipe de l'Observatoire</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement a manifestement d&#233;cid&#233; d'en faire des tonnes sur son bilan dit &#171; redistributif &#187;. Pour Olivier V&#233;ran, ministre des solidarit&#233;s et de la Sant&#233;, &#171; L'Insee le confirme : en 2019, les revenus ont augment&#233; et la pauvret&#233; a recul&#233;. [&#8230;] Notre strat&#233;gie contre la pauvret&#233; en France est la bonne. &#187; Olivier Dussopt, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; aux comptes publics, vante &#233;galement de son c&#244;t&#233; la hausse du pouvoir d'achat de la population, les 10 % des foyers les plus modestes auraient ainsi vu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://obs-justice-fiscale.attac.org/IMG/logo/arton42.png?1688491208' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement a manifestement d&#233;cid&#233; d'en faire des tonnes sur son bilan dit &#171; redistributif &#187;. Pour Olivier V&#233;ran, ministre des solidarit&#233;s et de la Sant&#233;, &#171; L'Insee le confirme : en 2019, les revenus ont augment&#233; et la pauvret&#233; a recul&#233;. [&#8230;] Notre strat&#233;gie contre la pauvret&#233; en France est la bonne. &#187; Olivier Dussopt, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; aux comptes publics, vante &#233;galement de son c&#244;t&#233; la hausse du pouvoir d'achat de la population, les 10 % des foyers les plus modestes auraient ainsi vu leur niveau de vie augmenter de 4 %, contre 2 % pour les 10 % les plus riches. Un discours repris en ch&#339;ur par les membres de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle, le Premier ministre en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques mois des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, la strat&#233;gie de communication du gouvernement est claire : marteler quelques donn&#233;es g&#233;n&#233;rales mais sans entrer dans les d&#233;tails pr&#233;cis concernant d'une part, la r&#233;alit&#233; de la hausse du pouvoir d'achat et des niveaux de vie et d'autre part, sa fa&#231;on de piloter les choix politiques. Cette strat&#233;gie souffre cependant de s&#233;rieux oublis&#8230; Nous en passons ici les principaux en revue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;1er oubli : les riches ont bel et bien &#233;t&#233; choy&#233;s (incomparablement plus que le reste de la population)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Observatoire d'Attac l'a d&#233;j&#224; rappel&#233; dans son billet du 21 octobre dernier : dans sa communication, le gouvernement fait l'impasse sur l'un des principaux marqueurs de sa politique fiscale, la hausse spectaculaire des revenus et du niveau de vie des plus riches. Celle-ci est chiffr&#233;e, elle est due notamment &#224; la transformation de l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF) en imp&#244;t sur la fortune immobili&#232;re (IFI) et &#224; la cr&#233;ation du pr&#233;l&#232;vement forfaitaire unique (PFU, gr&#226;ce auquel les revenus financiers et les plus-values financi&#232;res ne sont plus impos&#233;s au bar&#232;me progressif mais &#224; un taux proportionnel avantageux pour les plus ais&#233;s). Et gr&#226;ce auxquels ils se sont envol&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les chiffres : selon le 3&#232;me rapport du comit&#233; d'&#233;valuation des r&#233;formes de la fiscalit&#233; du capital de France strat&#233;gie, &#171; Les foyers dont les dividendes ont augment&#233; de plus de 100.000 euros entre 2017 et 2018 ou entre 2018 et 2019 totalisent 9 milliards d'euros de dividendes suppl&#233;mentaires en 2018 et 2019 par rapport &#224; 2017, soit 100 % de la hausse nette constat&#233;e depuis 2017. (...). 3 900 foyers (0,01 % des foyers) concentrent 76 % des plus-values de droit commun en 2019, contre 62 % en 2017. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;2&#232;me oubli du gouvernement : le taux de pauvret&#233; a atteint un niveau record sous ce quinquennat &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le taux de pauvret&#233; se calcule par rapport au revenu m&#233;dian (soit le montant qui divise une population en deux groupes &#233;gaux, la moiti&#233; ayant un revenu sup&#233;rieur &#224; ce montant et l'autre moiti&#233; ayant un revenu inf&#233;rieur). En 15 ans (soit de 2004 &#224; 2019) le taux de pauvret&#233; a progress&#233; de 7 % &#224; 8,2 % si on la calcule &#224; 50 % du niveau de vie m&#233;dian, et de 12,7 % &#224; 14,6 % si on la calcule &#224; 60 %. Le gouvernement a l'aplomb de pr&#233;tendre que le taux de pauvret&#233; a baiss&#233; de 0,2 points entre 2019 et 2020 : or il n'en situe pas moins &#224; un niveau tr&#232;s &#233;lev&#233; et pour tout dire, &#224; un niveau record. Le taux de pauvret&#233; a en effet atteint 14,8 % en 2018, soit le niveau le plus &#233;lev&#233; depuis 1996, le taux de 14,6 % reste pour sa part en seconde place. Pour atteindre de tels niveaux, si l'on met &#224; part l'ann&#233;e 1996, il faut remonter aux ann&#233;es 70...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'intensit&#233; de pauvret&#233; est &#233;lev&#233;e et se situe &#224; l'un des niveaux les plus &#233;lev&#233;s de ces 25 derni&#232;res ann&#233;es (19,7 % en 2019). Cet indicateur montre &#224; quel point le niveau de vie de la population pauvre est &#233;loign&#233; du seuil de pauvret&#233;. Plus cet indicateur est &#233;lev&#233; et plus la pauvret&#233; est intense, autrement dit, plus elle est &#233;lev&#233;e et plus le niveau de vie des plus pauvres est tr&#232;s inf&#233;rieur au seuil de pauvret&#233;. Illustrons ceci par une donn&#233;e : 2 millions de personnes vivent avec moins de 700 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;3&#232;me oubli du gouvernement : les risques de basculer dans la pauvret&#233; sont &#233;lev&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si le nombre de privations (c'est-&#224;-dire de d&#233;penses impossibles &#224; engager faute de moyens suffisants) d&#233;clar&#233;es par les m&#233;nages a tendance &#224; se tasser depuis plusieurs ann&#233;es, le risque de pauvret&#233; est tout de m&#234;me pass&#233; de 13,3 &#224; 13,6 % entre 2017 et 2019 et le risque de privation mat&#233;rielle et sociale de 12,2 &#224; 13,1 % sur la m&#234;me p&#233;riode. Globalement, 11,7 % des m&#233;nages restent pauvres en conditions de vie en 2019, selon l'Insee. Ils ne parviennent pas &#224; faire face &#224; toutes les d&#233;penses consid&#233;r&#233;es comme n&#233;cessaires ou &#171; normales &#187; par l'INSEE telles que payer son loyer sans retard, partir en vacances une semaine par an, disposer d'un logement dot&#233; du confort sanitaire de base et bien chauff&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'organisme France strat&#233;gie a montr&#233; que, depuis 2001, le poids des d&#233;penses pr&#233;-engag&#233;es (les d&#233;penses de logement par exemple) dans la d&#233;pense totale a augment&#233; de cinq points, passant de 27 % &#224; 32 %. Ces d&#233;penses repr&#233;sentent 40 % du budget des m&#233;nages situ&#233;s au-dessous du seuil de pauvret&#233; (les 14,6 % de personnes consid&#233;r&#233;es comme &#171; pauvres &#187; et 34 % des personnes dites &#171; modestes &#187; situ&#233;es au-dessus du seuil officiel de pauvret&#233;. Celles-ci restent fortement expos&#233;es &#224; la pauvret&#233; mon&#233;taire, aux privations et/ou &#224; la pauvret&#233; en conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;4&#232;me oubli : le gouvernement vante des mesures qu'il ne voulait pas et qu'il a &#233;t&#233; forc&#233; de prendre &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les &#233;volutions des indicateurs de niveau de vie et de pauvret&#233; mon&#233;taire traduisent en partie la mise en &#339;uvre des mesures d'urgence &#233;conomique et sociale, vot&#233;es fin 2018 pour r&#233;pondre au mouvement social des Gilets jaunes : prime d'activit&#233; vers&#233;e aux travailleurs modestes &#233;largie et augment&#233;e (en 2019, 18 % des m&#233;nages b&#233;n&#233;ficient de la prime d'activit&#233;, contre 13 % en 2018), baisse du taux de contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e (CSG) pour la moiti&#233; des retrait&#233;s, mise en place d'une prime exceptionnelle de pouvoir d'achat vers&#233;e par l'employeur et exon&#233;r&#233;e de cotisations sociales et d'imp&#244;t, et exon&#233;ration des heures suppl&#233;mentaires de cotisations sociales et d'imp&#244;t sur le revenu. Exon&#233;rations &#224; double tranchant puisqu'elles ass&#232;chent les caisses de l'&#201;tat qui justifient ensuite les politiques d'aust&#233;rit&#233; dont sont victimes les services publics. L'urgence est bien s&#251;r la hausse des salaires. Dernier exemple en date de cette gestion en forme de seaux d'eau jet&#233;s sur de gigantesques brasiers en devenir, le ch&#232;que de 100 euros cens&#233; aider 50 % de la population face &#224; la hausse du co&#251;t de la vie. Plus qu'&#233;lectoraliste, cette mesure est embl&#233;matique d'une approche qui refuse une v&#233;ritable transformation sociale et &#233;cologique dans laquelle le vivre ensemble retrouverait du sens. Mais cela supposerait une volont&#233; farouche de mieux r&#233;partir les richesses et d'engager une v&#233;ritable bifurcation &#233;cologique. On en est tr&#232;s loin...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures n'&#233;taient pas pr&#233;vues par Emmanuel Macron et son gouvernement. Elles ont &#233;t&#233; prises dans l'urgence pour tenter de r&#233;pondre au mouvement des Gilets jaunes, apr&#232;s des mesures fiscales contest&#233;es qui ont, quoique le gouvernement pr&#233;tend, contribu&#233; &#224; creuser les in&#233;galit&#233;s sans relancer l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3&#034;&gt;5&#232;me oubli : on a chang&#233; la pr&#233;sentation, on ne change pas d'id&#233;ologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir vante des mesures qu'Emmanuel Macron n'avait pas pr&#233;vues dans son programme pr&#233;sidentiel mais, en m&#234;me temps si l'on ose dire, maintient &#171; co&#251;te que co&#251;te &#187; des choix contest&#233;s, inefficaces et injustes. Au surplus, il pilote et instrumentalise quelques grands indicateurs de l'&#233;conomie fran&#231;aise en prenant des mesures cibl&#233;es voire temporaires sans que celles-ci n'op&#232;rent de v&#233;ritable transformation, de telle sorte de pr&#233;senter des indicateurs in&#233;vitablement affich&#233;s in fine comme en am&#233;lioration. La r&#233;alit&#233; est diff&#233;rente et elle est t&#234;tue : la pr&#233;carit&#233; et la pauvret&#233; restent &#233;lev&#233;s, peu de personnes arrivent &#224; en sortir durablement et une partie importante de la population &#233;prouve de plus en plus de difficult&#233;s &#224; faire face aux d&#233;penses courantes. Au surplus, la plupart du temps, les am&#233;liorations de situation proviennent d'op&#233;rations de type &#171; prime &#187; ou &#171; exon&#233;ration &#187; et non via une hausse durable des revenus. Et ce, alors que l'urgence d'une telle hausse est largement n&#233;cessaire. Tout comme il est n&#233;cessaire de revenir sur les choix fiscaux du d&#233;but de quinquennat pour r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, d&#233;gager des recettes publiques et reconstruire le consentement &#224; l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, Emmanuel Macron avait promis d'&#233;valuer ces r&#233;formes, laissant entrevoir un possible retour en arri&#232;re. Celui-ci n'aura pas lieu. En revanche, il poursuit ses r&#233;formes, celle de l'assurance ch&#244;mage en vue de r&#233;aliser des &#233;conomies budg&#233;taires sur les dos des b&#233;n&#233;ficiaires et veut faire de m&#234;me avec les syst&#232;mes de retraites. Avec des effets r&#233;els, notamment sur la partie la plus pauvre de la population. Le gouvernement le nie ou n'en parle pas. Un oubli de plus&#8230; Ces choix montrent clairement l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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