"À la recherche de l’impôt perdu" : Attac s’adresse à la commission d’enquête sur la fiscalité des très riches

, par Équipe de l’Observatoire

Attac et l’Observatoire de la justice fiscale adressent leur contribution, intitulée « À la recherche de l’impôt perdu », aux membres de la commission d’enquête sur la fiscalité des très riches et demandent à être auditionnés.

Depuis le 25 mars, la commission d’enquête relative à l’imposition des plus hauts patrimoines et des revenus les plus élevés et à leur contribution au financement des services publics de l’Assemblée nationale mène ses auditions.

Dans le cadre de ces travaux, Attac et l’Observatoire de la justice fiscale adressent leur contribution, intitulée « À la recherche de l’impôt perdu », aux membres de la commission d’enquête et demandent à être auditionnés.

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Cette note revient de manière synthétique sur la question du niveau réel d’imposition global des plus riches. Elle montre que celui-ci n’a cessé de se réduire ces dernières années. On observe ainsi deux tendances nettes en matière d’impôt sur le revenu : les taux d’imposition réels des plus riches ont baissé depuis 2017 ; et au-delà d’un certain niveau de revenu, les riches paient proportionnellement moins d’impôts.

Selon nos calculs, si les taux d’imposition étaient simplement restés au niveau de 2017, l’impôt sur le revenu aurait dégagé 2 milliards d’euros supplémentaires en 2024 rien que pour les revenus supérieurs à 800 000 euros. Une véritable progressivité de l’impôt aurait permis de dégager des richesses encore plus substantielles : 10 milliards d’euros auraient pu être dégagés en 2024 avec des taux réellement progressifs sur les revenus supérieurs à 100 000 euros.

La note détaille plusieurs facteurs qui expliquent la sous-imposition des très riches (réduction d’impôts, niches fiscales, évasion fiscale). Elle répond également à des idées reçues, comme la théorie du ruissellement selon laquelle la baisse des impôts des plus riches aurait favorisé l’activité économique, ou encore les alertes sur l’exil fiscal qui résulterait de hausses d’impôt.

Nous proposons enfin, dans cette note, des pistes pour mieux taxer les plus riches et les grandes entreprises, mettre en place une véritable fiscalité écologique et réorienter la gouvernance budgétaire.

Pour aller plus loin

Les conséquences de la concentration des richesses permise notamment par ces politiques fiscales méritent d’être rappelées :

  • Les sommes dont sont privés les budgets publics contribuent à dégrader les services et les investissements publics alors que les besoins sociaux, environnementaux et économiques sont immenses. Pire, ce manque à gagner est de facto reporté sur l’immense majorité des ménages et des PME sous formes de hausses d’impôts injustes et de politique austéritaires.
  • L’explosion des inégalités, alors que les richesses des plus riches augmentent très rapidement (en France et dans le monde), une petite minorité détient une part importante du patrimoine total des ménages et les 1% les plus riches possèdent une part croissante des richesses. Une grande partie de cette richesse est héritée, ce qui renforce les inégalités. En parallèle, la pauvreté atteint des records historiques.
  • L’impact écologique du train de vie des plus riches est aujourd’hui solidement documenté et chiffré ainsi que le constat selon lequel « plus on est riche, plus on pollue ». Au demeurant, les sommes qui échappent aux budgets publics ne peuvent être investies dans la décarbonation de l’économie.
  • Enfin, l’injustice fiscale affaiblit dangereusement le consentement à l’impôt et nourrit la crise démocratique.