Les débats sur l’imposition des fortunes et sur la « taxe Zucman » le montrent aisément : la concentration continue des richesses entre les mains des ultrariches pose avec acuité la question de la fiscalité du patrimoine. Les droits de donation et de succession, en particulier, pourraient bien être au centre du débat fiscal à venir. Cet impôt n’a pas bonne presse. Méconnu, il fait par ailleurs l’objet de déclarations grossières et trompeuses de la part de ceux qui veulent le réduire, voire le supprimer. D’autres en préconisent le renforcement.
Historiquement, cet impôt a été pensé comme un moyen de dégager des recettes et de réduire les inégalités, ce qui devait permettre d’en finir avec la société de rentiers qui s’était forgée par l’accumulation de richesses. La rente était considérée non seulement comme injuste mais aussi comme anti-économique. Pour certains libéraux attachés à la réussite par le mérite et non par l’héritage, il faut imposer les successions. De manière générale, il est reconnu à cette imposition un rôle important en matière de redistribution et d’égalité des chances.
La question revient donc en force à l’occasion du débat budgétaire et des élections présidentielles. L’offensive est lancée par les mouvements situés à droite et à l’extrême droite, qui se prononcent pour une baisse, voire une suppression, de cet impôt. Il est donc urgent de mesurer les enjeux afin de rappeler l’importance de légitimer et de rénover les droits de donation et de succession.