Les délires fantasmagoriques d’Eric Zemmour sur le modèle social

par Équipe de l’Observatoire

C’est peu de dire qu’Eric Zemmour manie davantage l’art du (mauvais) buzz que celui de l’économie. Ses dernières déclarations ont de quoi faire rire, ou pleurer, c’est selon…

Eric Zemmour dénonce ainsi le poids de la dépense sociale estimée à 30% du PIB. Il oublie de préciser que cette dépense (cette redistribution sociale) constitue effectivement 30 % du revenu des ménages dont la quasi-totalité ne sont pas des fraudeurs ! Ces 30 % sont notamment constitués des pensions de retraite, des remboursements de dépenses de santé, de l’indemnisation du chômage, des prestations familiales et des minima sociaux. Réduire les impôts comme il le réclame reviendrait à réduire les revenus des ménages issus de la redistribution.

Eric Zemmour devrait nous expliquer les conséquences de ses propositions. En réduisant les impôts et les prélèvements sociaux, on appauvrirait le système de protection sociale et les services publics. Cela se ferait au détriment des plus pauvres et des classes moyennes, qui n’auraient pas les moyens de se financer des assurances santé complémentaires, des placements financiers pour assurer leur retraite, l’éducation privée de leurs enfants, etc. Les inégalités s’envoleraient (au détriment des personnes qu’il prétend défendre) et l’économie en souffrirait.

Eric Zemmour voit dans l’exclusion des « étrangers » une façon de réaliser des économies. C’est faux. Au reste, quoi qu’il en dise, aucune étude ne vient démontrer que l’immigration est un coût, au contraire. Les études les moins positives situent un « coût économique compris » entre 0,3 et 1 % du PIB (OCDE notamment). Toutes concluent qu’il est très difficile de livrer un chiffre précis, tant les implications sont complexes : un immigré vient également pour travailler et consommer et donc pour apporter à l’économie et à la vie sociale.

Dans un trait grossier, Eric Zemmour fait le lien entre immigration, « charges sociales » (en fait, des cotisations qui financent le modèle social) et fraude sociale en faisant référence à l’estimation de 50 milliards d’euros du magistrat Charles Prats (également secrétaire national de l’UDI, encore faut-il le préciser).

Cette estimation n’a jamais été corroborée, ni de près ni de loin. Tous les travaux portant sur ce que l’on dénomme la « fraude sociale » montrent que : celle-ci est ultra-majoritairement le fruit du travail non déclaré (largement subi par les travailleurs concernés), elle s’élève au maximum à environ 20 milliards d’euros (rapport de la Cour des Comptes de 2014 repris dans son rapport de décembre 2019 consacré à la fraude aux prélèvements obligatoires) et que la fraude aux prestations sociales se situe au maximum entre 1 et 3 milliards d’euros. Rappelons que la fraude fiscale se situe quant à elle aux environs de 80 milliards d’euros…

Eric Zemmour est un polémiste raciste obsédé par l’immigration et l’islam. C’est "en même temps" un ultraconservateur et un ultralibéral assumé.

Site de l’Observatoire

Vous trouverez sur notre site des clés de compréhension sur le rôle de l’impôt, des finances publiques et d’une véritable justice fiscale : notes, interviews, explications à vocation pédagogique, chroniques et débats.

Pour ne rien rater de nos activités, abonnez-vous à l’Infolettre !

Qui sommes-nous ?

Outils de l’Observatoire